Les cours devraient commencer un peu plus tard le matin et les neuf semaines de vacances d'été devraient être mieux réparties sur toute l’année, plaide notre journaliste François Aulner.

Trois bonnes raisons pour devenir "prof": "juillet, août et septembre", selon une phrase glissée par un enseignant. Neuf semaines de vacances en été plus sept semaines réparties entre la Toussaint, Noël, Carnaval, Pâques et Pentecôte, cela équivaut à 80 jours de congé... sans les jours fériés soit plus de trois congés légaux minimaux.

Ce qui semble beaucoup est en fait légitime. Il ne faut pas croire que les enseignants et les élèves ont trop de temps libre. Qui dit cela n’a jamais été devant un tableau. Et c'est sans compter que les tâches des enseignants augmentent et se complexifient, que le monde de plus en plus rapide et complexe devient de plus en plus difficile à comprendre et à enseigner.

Encore et encore, des enseignants déclarent passer davantage de temps à élever les élèves plutôt que de les éduquer. Par ailleurs, les enfants sont de plus en plus soumis à la concurrence. Tandis que la question du contenu des cours joue un rôle crucial lorsque les rythmes scolaires sont définis, l’on peut d’ores et déjà affirmer sans hésiter qu'il ne faut certainement pas augmenter encore davantage la pression.

Pas réduire, mais répartir

Les vacances sont censées reposer. Pour se reposer il faut pouvoir se déconnecter. Or, c’est dans le terme "déconnecter" que réside le problème. La dose de "déconnexion" se doit d'être équilibrée. Certes, la plupart des enfants et des jeunes font des devoirs pendant leurs vacances et beaucoup de jeunes font des stages, mais pas tous. La perte d’apprentissage est une réalité, comme le montrent des études à l’étranger, en particulier chez les enfants issus de milieux défavorisés. De l’autre côté, des vacances scolaires d’une semaine en printemps, automne et hiver, permettent justement à peine aux élèves de se reposer et aux enseignants de préparer leurs cours.

Des études montrent également que les enfants seraient moins en forme en hiver qu’été. La durée des vacances d’été remonte d’ailleurs à l’époque où les enfants devaient aider à la récolte. Les temps ont changé. Désormais, plus de vacances d’hiver seraient plus censées que plus de vacances d’été.

Il serait d’autre part plus censé de commencer les cours un peu plus tard le matin. Non seulement pour soulager la circulation et l’économie, mais aussi tout simplement parce que c’est plus sain pour le cerveau. À Seattle, où le début des cours de la plupart des écoles et lycées fût décalée à neuf heures moins le quart ou neuf heures moins cinq, les résultats sont positifs.

Donc, décalons aussi au Luxembourg les cours à peu avant neuf heures. Et décalons trois semaines des vacances d’été pour les ajouter aux vacances de Toussaint, Carnaval et Pentecôte. Faisons-le par voie de moratoire. Dans deux ans on pourrait toujours revenir en arrière, s’il s’avérait que l’idée était mauvaise. Mais cela ne sera certainement pas le cas.