Vous voulez que le PIB, le télétravail ou le conflit Americano-Chinois n'aient plus de secret pour vous? Voici trois conseils de lectures "Made in Luxembourg" à lire tranquillement cet été...

La canicule s’emballe, les routes sont moins congestionnées, et les préparatifs pour la Schueberfouer ont débuté au Glacis. L'été est donc bien là, et avec lui les envies et possibilités de lecture estivale. Votre liste est probablement déjà faite. Mais parce qu’elle serait incomplète sans un peu (plus) d’économie dedans, j’ose vous faire trois propositions qui, croyez-moi, valent d'être lues (cliquez sur les titres pour en savoir plus).

1) Le PIB n'est pas un produit intérieur bancal, par le CES.

Pour paraphraser Camus, que vous lirez peut-être cet été, tout le monde a le PIB à la bouche comme s'il s'agissait d’une boîte de chatteries propres à donner des plaisirs de babines. Hélas, parmi tous ceux qui en parlent, très peu comprennent vraiment ce qu'est le PIB. Le CES a publié un excellentissime rapport sur le sujet qui permet de se faire une idée précise de ce que le PIB nous dit, comment il est calculé, pourquoi il est régulièrement revisité et ce qu'il n'est pas. C'est une lecture indispensable pour quiconque veut savoir qui parle du PIB sans savoir de quoi il parle. On peut y lire notamment que "le but du PIB n’est pas de mesurer le bien-être, la qualité de vie ou le bonheur, et que la croissance du PIB, si auréolée, n’arrivera pas à satisfaire les aspirations des gens … même si elle peut y contribuer".

2) Télétravail la panacée ? ni oui, ni non, bien au contraire, quoique peut-être, par le LISER.

Pour quiconque aime le secouage de cocotier et s'intéresse au développement socioéconomique du Luxembourg, le LISER (Luxembourg Institute of Socio-Economic Research) est une source inépuisable qui informe judicieusement et permet d'affirmer ou d'infirmer des intuitions. Une lecture (un brin subjective) d’un rapport qu’ils ont publié en juillet semble confirmer que le télétravail à grande échelle (au même titre que la fin du travail) n'est pas pour tout de suite; non pas tant pour des raisons fiscales comme on le dit régulièrement, mais tout simplement parce que le télétravail n'est pas "généralisable" à grande échelle. D’après l’étude, 88% des salariés n’ont pas l’opportunité de télétravailler, soit parce que leur emploi (enseignement, commerce, construction, sécurité, nettoyage) ne s’y prête pas (60% des cas), soit parce que leur entreprise ne le leur permet pas (40% des cas) pour différentes raisons, dont certaines très pertinentes. Informations de la plus haute importance contenues dans l’étude : "les femmes se voient moins souvent offrir que les hommes, quand leur emploi s’y prête, la possibilité de télétravailler", "82% des télétravailleurs déclarent rapporter du travail chez eux en dehors des heures de travail, contre 23% de l’ensemble des salariés qui ne télétravaillent pas", et "les télétravailleurs sont proportionnellement plus nombreux à déclarer que leur entourage leur reproche de ne pas être assez présents à cause de leur travail".

3) Cow Boy versus Shaolin, par la Fondation IDEA

Les Américains (les Cow boy) ont déclaré la guerre commerciale aux Chinois (les Shaolin). Pour le moment, cela n’a pas trop d’impacts négatifs sur la croissance mondiale ; les droits de douanes supplémentaires américains et chinois sur leurs exportations respectives ne concernent grosso modo que 3% des importations mondiales. Cela dit, ce conflit risque de brider les investissements directs étrangers, de mettre à mal le multilatéralisme, et de forcer une reconfiguration totale des règles sur lesquelles reposent les échanges entre les pays. Le pire - à savoir l’avènement d’un système où les rapports de force remplacent les règles de droit - n’est d’ailleurs pas à exclure. Plus qu’une histoire de différends commerciaux, la bataille que se livrent les gouvernements chinois et américain aurait lieu pour savoir qui de la Chine et des USA s’imposera comme le champion de la 4ème révolution industrielle et leader mondial dans les technologies du futur (5G, intelligence artificielle, voiture électrique et autonome, etc.). Pour le moment, l’Europe qui ne manque pourtant pas de héros (James Bond, Tintin, Obélix, Inspecteur Derrick, Don Quichotte, Héraclès, Superjhemp), est relativement absente du film. Et pourtant, il faudra bien qu’un consensus de Bruxelles émerge face aux consensus de Washington et de Pékin.