Chaud devant! Le réchauffement climatique va poser un problème sous-estimé: la perte de productivité. On vous explique pourquoi le climatiseur est l'une des inventions majeures de l'Histoire.

Singapour a réussi l’exploit de passer du statut de pays du tiers-monde à celui de pays très riche en une génération.

Comment? Selon Lee Kuan Yew, architecte de la réussite de Singapour dont il fut le premier ministre pendant plus de 30 ans, cette réussite doit beaucoup au climatiseur. Ce dernier, disait-il, est une des inventions majeures de l’histoire, qui a changé la nature de la civilisation en rendant possible le développement sous les tropiques.

Puisqu’il semble exister une corrélation négative entre PIB/habitant et les températures moyennes observées dans les différents pays, on peut difficilement lui donner tort.

LA TEMPÉRATURE IDÉALE EST... 13°C!

Des chercheurs de l’Université de Stanford avaient d’ailleurs établi que la productivité atteint son maximum à … 13°C.

L’Organisation internationale du travail a remis le sujet au goût du jour dans un récent rapport intitulé "travailler sur une planète plus chaude, l’impact du stress thermique sur la productivité et le travail décent". Une lecture (attentive) de ce rapport renseigne que le coût de la hausse des températures sera inégal.

Concrètement, ce sont les pays les plus pauvres et (déjà) les plus vulnérables d’Afrique de l’Ouest et de l’Asie du Sud et qui comptent une forte proportion d’emplois dans l’agriculture et/ou la construction qui risquent de subir les pertes de productivité les plus importantes.  Et c'est dans les régions les plus riches (Europe et Amérique du Nord) que l’impact devrait être moindre.

EMMENEZ-MOI... À L'OMBRE

Par conséquent, le changement climatique aura tendance à creuser les inégalités entre les pays. Une solution simple à ce problème potentiel serait que les pays riches offrent des climatiseurs aux pays pauvres comme compensation. Mais ce serait prendre une doudoune pour un gilet pare-balles quand on sait que les climatiseurs sont de nature à précipiter le réchauffement climatique.

L’absence de solutions à ce problème de hausse des inégalités en lien avec le réchauffement climatique risque pourtant de générer de larges flux migratoires. L’une des informations parmi les plus importantes de la publication de l’Organisation internationale du travail est d’ailleurs que "dans un scénario dans lequel la température globale augmente de 2°C d’ici la fin du siècle, le nombre de demandes d’asile devrait doubler en Europe" car la misère est pénible au soleil.

La politique migratoire pourrait donc à l’avenir avoir une place déterminante dans la gestion macroéconomique du réchauffement climatique. Chaud devant!