Notre vieille Europe a quelques trains de retard au niveau de ses aéroports, déplore l'ancienne ministre luxembourgeoise Erna Hennicot-Schoepges.

L'été, le temps des vacances et des voyages, est là, avec une chaleur foudroyante qui donne envie de s'expatrier un peu. Rien de tel que les voyages, qui forment aussi l'esprit, qui nous font découvrir d'autres horizons.....et au retour nous font réfléchir sur l'état d'âme de notre vieille Europe.

Les destinations hors continent, de plus en plus accessibles grâce à l'aviation civile, n'ont plus de secret pour le citoyen lambda. Suffit encore de se familiariser avec les réservations bien à l'avance et les meilleurs prix! Bientôt Dubaï sera recherché,  l'Asie est facilement accessible, de quoi découvrir des aéroports nouvellement construits avec intelligence et souci du confort des passagers.

Le retour par Paris, Vienne, Amsterdam, Francfort, Londres, et bien d'autres encore, est devenu un parcours du combattant. Que de chemin à faire à pied! Alors que les souterrains de Bangkok ou Séoul acheminent les passagers confortablement à leur prochaine destination en train, le recours pénible aux autobus est le moyen de locomotion préféré offert en Europe.

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PARIS, VIENNE, AMSTERDAM... ET J'EN PASSE!

Oui, dira-t-on, on ne pouvait faire autrement, par manque de place, et une adaptation aux flux de passagers par petites étapes... par manque de prévision suffisante. Or, gouverner, n'est-ce pas aussi prévoir? Le nombre de passagers pour le trafic aérien a bien été prévu à la hausse au début du 21e siècle. Deux décennies donc pour un piètre résultat, du bricolage, ajoutant tantôt une aile d'acheminement direct de l'avion, tantôt un pavillon de plus, sans vue d'ensemble.

L'aéroport Charles de Gaulle est bien l'exemple frappant de la désorganisation organisée! Amsterdam, jadis réputé pour sa convivialité, est transformé en "shopping mall". Vienne nouvellement reconstruit, se munit de panneaux d'affichage qui ne renseignent pas sur tous les vols... et j'en passe!

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Et l'arrivée à Luxembourg laisse maints passagers sans taxis à leur disposition. Comment arriver alors en ville? À l'heure du "digital" tous azimuts, les aéroports se vautrent dans leur exclusivité sans alternative. Car en fait, il n'y en a pas, même pas une case de complaintes pour les passagers.

UN SHOPPING BIEN TRISTE AU LUXEMBOURG

Bien que les réglementations européennes accordent des droits aux passagers, pour les retards, pour la perte ou l'endommagement des bagages, les services des réclamations sont hélas transférés à des sociétés externes.  Ceux qui voudront faire valoir leur droit à un dédommagement en cas de retard devront s'adresser aux organismes de défense des droits des consommateurs!

Au départ, le passager non averti se trouvera dirigé vers des colonnes d'ordinateur, la file pour le dépôt des bagages, la file encore pour la sécurité... Enlevez vos ceintures et surtout pas de briquet dans les bagages! Et gare aux prothèses, en dépit de toutes les précautions et même pied nu, vous serez auscultés de haut en bas et plus encore jusqu'aux parties intimes de votre corps. Quant aux avions, l'exiguïté des sièges et des toilettes vous recommande chaudement de faire cure d'amaigrissement avant de vous embarquer.

Enfin, le shopping: à Luxembourg désormais sans produits de souche autochtones... à quelques exceptions près. Le "Nation branding" se résume ici aux affiches collées sur le parcours interne. Les responsables des aéroports feraient bien de s'inspirer de ce qu'on fait ailleurs, avec l'ambition de faire mieux, ou au moins aussi bien.