L'Homme n'a besoin que de quatre roues pour pourrir son quotidien... Et celui des autres. La preuve avec quelques anecdotes vécues près de chez vous.

Elles sont à la fois indispensables et indésirables, incontournables et pourtant encombrantes. Depuis les autoroutes saturées jusqu'aux rues bondées de nos villes, les voitures sont partout. Et qu'importe leurs défauts, nous y sommes si dépendants que nous sommes prêts à tout leur pardonner plutôt que de trop remettre en question leur usage.

Un matin sur l'A31. C'est le début de l'été. Grand habitué du train, je mise, une fois n'est pas coutume, sur ma voiture pour me rendre au travail. Il est 5h30 quand je stoppe les machines à hauteur de Thionville: l'A31 est à l'arrêt. "Déjà?!... C'est pas possible!" m'entends-je soupirer dans l'habitacle. Un ralentissement de courte durée mais ô combien marquant à mes yeux: plus imprévisibles que les numéros du loto, les conditions de circulation n'offrent aucune certitude au Grand-Duché et dans ses alentours. Même en-dehors des heures de pointe.

À vélo, au centre de la capitale. Je traverse les rues du quartier Gare puis remonte doucement le centre-ville. À l'angle de la place des Bains, un automobiliste ne se donne même pas la peine d'effectuer un virage à droite correct et manque de me renverser alors que j'attends à un cédez-le-passage. Le hasard voudra que la scène se reproduise à l'identique... Le jour suivant, avec le même conducteur. Un cycliste luxembourgeois, qui a lui aussi échappé à une rencontre avec le capot du malotru, s'est chargé de le poursuivre pour lui faire comprendre le fond de sa pensée. Peut-être sera-t-il capable de manoeuvrer correctement une fois qu'il aura renversé quelqu'un?

Luxembourg-ville, après les heures de pointe du matin. Le parking du travail est plein, archi-plein. Impossible de me stationner correctement, je me glisse dans un petit espace laissé libre entre deux SUV et me faufile hors de l'habitacle. Si l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, le parking leur revient également. Je file au bureau en croisant les doigts pour ne pas retrouver ma carrosserie griffée.

Sur une piste cyclable au Kirchberg, à l'automne. La saison est bien entamée, la plupart des arbres ont perdu leur feuillage, qui se retrouve éparpillé aux quatre vents. Les employés de la capitale ont pris soin de les évacuer des voies réservées aux voitures... Et de les souffler de la route vers le trottoir et la piste cyclable. Une méthode déjà éprouvée en hiver lors de chutes de neige.

Dans le bus, en train de longer la Kinnekswiss. S'il est climatisé, mon bus de la ligne 18 n'échappe pas aux aléas du trafic urbain. En particulier celui généré par quelques énergumènes motorisés, qui ignorent que les voies de bus ne sont pas censées les accueillir. Le conducteur aura heureusement le réflexe de se jeter sur sa pédale de frein, m'envoyant valser contre une passagère.

En vélo, à un passage protégé. Le feu est vert, je m'engage pour traverser un carrefour équipé de feux piétons et d'un marquage pour les cycles. Une dame arrive en voiture, me refuse la priorité et s'arrête à 50 centimètres de moi, alors que je suis engagé. Puis tente à nouveau de passer devant moi et s'arrête car je ne lui laisse pas la place. Je lui montre du doigt la signalisation au sol et le feu vert en ma faveur. Derrière elle, un automobiliste m'engueule et me reproche d'avoir voulu traverser la route à vélo, comme j'en ai pourtant le droit. Fallait-il donc que je me fasse tamponner pour qu'il se rende compte que c'était à moi de passer?

En voiture, contribuant à faire grossir un ralentissement sur l'autoroute. Pris dans le mouvement d'accordéon du trafic, je rentre chez moi du mieux que je le peux. Je mesure d'avance les dégâts que peut provoquer un accrochage à 50 km/h et décide de laisser quelques mètres entre mon véhicule et celui qui me précède. Une distance de sécurité en somme. Derrière moi, un automobiliste de bonne humeur me colle autant qu'il le peut et, jugeant que je traîne, me fait des appels de phares pour le laisser passer. Compte-t-il remonter tout le bouchon de cette manière? Je m'énerve tout seul dans mon habitacle mais décide de rester à ma place, toujours avec mes quatre mètres d'espace devant mon capot. L'énervé de derrière finira par me doubler par la droite, après de multiples appels lumineux et certainement quelques bons mots à mon encontre. C'est fou comme l'on peut devenir agressif une fois enfermé dans son petit cocon de confort aux vitres teintées.

Vous aussi avez des anecdotes sur votre vie menée dans/au dépend du trafic routier? Écrivez-nous un commentaire ci-dessous.