Quand Zinédine Zidane et Teresa May inspirent une même réflexion.

Cette petite phrase n’est pas seulement l’hymne de la finale France-Brésil de 1998 qui a porté Zinedine Zidane jusqu’au panthéon des donneurs de coups de tête, avec la superbe confirmation que la puissance des coups de crânes de Zizou en finale de coupe de monde n’est pas galvaudée, confirmation faite contre le plexus de Materrazzi.

Ce dernier coup de crâne faisant entrer Zinedine Zidane dans un nouveau panthéon, oui celui de ceux qui ont les nerfs et le sens de la défense de l’honneur familial très, mais alors très à fleur de peau. Et chaque supporter de l’équipe de France se souvient de ses excuses à demi-mots, de Zizou disant face caméra: je ne peux pas regretter pas mon geste car si je n’avais pas fait ça… ça veut dire que ça lui aurait donné raison de dire ce qu’il a dit.

Longtemps je me suis demandé si Zizou était un véritable héros de la pensée libre, une sorte de pourfendeur des forces du mal, celui qui ne laisserait passer la moindre injustice sans se dresser comme un rempart devant le plus faible, ou alors est-ce que Zizou n’est pas un peu juste trop soupe au lait et crédule. Oui crédule car, déjà, peut-on décemment croire que Materrezzi eut connu de manière si intime sa sœur et crédule car, en réagissant ainsi Zidane a complètement donné raison au défenseur Italie de «dire ce qu’il a dit», il est tombé dans le piège de l’insulte et la provocation et a fait du provocateur un héros d’une équipe qui allait au final triompher.

Du coup la fin justifie-t-elle les moyens? Alors pourquoi dans ce ne pas insulter, mentir, infléchir la vérité, déstabiliser? Mais la fin ne justifie pas toujours les moyens tout du moins les moyens ne mènent pas toujours à la fin. Car par extension "Et un et deux et trois zéros", cette inoffensive petite rengaine me fait penser aujourd'hui au destin de Theresa qui en May fera décidément tout sauf ce qu’il lui plait, à savoir démissionner de son poste de Première ministre. Oui le Brexit, ce référendum, cette décision courageuse, ce vent révolutionnaire, ce traité promis qui allait mettre les suppôts de Bruxelles au pas, qui devait sauver la Grande Bretagne des invasions barbares, redorer le blason de la fière Albion, oui après trois tentatives infructueuses à tenter de négocier un traité de sortie, le Brexit aura eu raison de Theresa May.

Et un et deux et trois zéros. Faut-il y voir là un message prémonitoire? Une funeste promesse à tous les eurosceptiques, à tous les excités de l’EXIT, à ces EXCITEURS, à ces «penseurs » du Frexit, Belxit, Nexit, Porxit, Grexit, Swexit, Danxit, Itxit, Spaxit ou autre Deuxit? À tous ces populistes qui ont accueilli à bras ouverts un Steeve Banon venu faire campagne pour aider ces partis à déconstruire l’Union européenne, à ceux-là même qui depuis des mois, des années provoquent. Il faut avoir foi et croire que l’électorat européen aura plus de sang-froid que Zizou devant la provocation et ne leur donnera pas raison. En même temps élire un parlement social, juste, progressiste ça équivaut bien a un gros coup de tête dans le plexus des populistes, non?