L’idée d’une passerelle cyclable présentée par le syndicat Lampertsbierg est bonne, mais cache un phénomène préoccupant.

Le "Lampertsbierger Syndicat", groupe d’habitants du quartier Limpertsberg, veut une passerelle pour vélos pour relier le quartier au nord de la capitale, à la forêt "Bambësch". En soi une fine idée, derrière laquelle se cache néanmoins un phénomène préoccupant : celui des "gated communities". Terme anglais pour designer des communautés à accès restreint, telles les citées encerclées de barbelés ou clôtures que l’on aperçoit à Londres, Karachi ou Johannesburg. D’un côté les riches qui protègent leurs biens et avoirs et de l’autre… les autres.

Un exemple des "gated communities".

Derrière le cimetière "Notre-Dame" (ou "Nikloskierfech" au coin du Glacis), il existait encore il y a quelques années un petit chemin – peu fréquenté – qui menait au Rollingergrund. Au cours des dernières années, deux grandes villas – dont une avec piscine – furent construites le long dudit chemin. Désormais, le chemin ne permet plus aux automobilistes d’accéder au Rollingergrund, car le bout du chemin fut transformé en piste cyclable. Ne manque plus qu’une borne électrique à l’entrée de la rue ou alors carrément des grilles et agents armés autour du Limpertsberg pour qu’on leur foute enfin la paix.

Le réflexe est connu: on veut rendre son habitat plus confortable. Or, le syndicat du Limpertsberg ne revendique pas seulement la passerelle cyclable pour accéder au Bambësch, non, il revendique également "moins de lycées" et "moins de transit". Mais si chaque quartier revendique cela, faudra-t-il envoyer les élèves à l’étranger? Ainsi que l’emploi? Tout en gardant l’argent? Quelqu’un a dit "vivre-ensemble"?

Moins de voitures, plus de vélos, plus de transports publics, bâtir plus en hauteur, toutes de bonnes initiatives pour soulager le problème de mobilité national, tout cela ne suffira pas. De l’autoroute A6 en direction nord jusqu'à Beggen ou Walferdange, on ne trouve aucun axe de circulation digne de ce nom. Luxembourg ville, c’est une capitale européenne sans contournement et sans pénétrante dans cette portion qui représente 90 degrés du tour de la ville.

La capitale nécessite un pont – tram et parkings "Park and Ride" inclus - dans un rayon de 90 degrés, tout comme elle a nécessité le pont rouge (reliant la ville-haute au Kirchberg). Non seulement la capitale en a besoin, mais le pays tout entier.

Ce pont, on le verrait bien au bout de l’avenue de la Faïencerie. Cette avenue n’étant pas réellement une avenue, une approche "Haussmannienne" conviendrait, cette approche qui a permis la transformation de Paris, la création des grands boulevards et le doublement du nombre de logements.

Eh oui, on ne fait pas de bonne omelette sans casser quelques œufs. Un pont reliant le Limpertsberg et Bridel-Strassen, tiens, on pourrait le nommer "Gëllë Bréck" ou "pont d’or" ?