Quelques conseils pour affronter une ville qui regorge de trésors... et de touristes.

Ils ne croyaient pas si bien chanter dans les années 70, Sheila et Ringo Willy Cat. Si Venise reste une des plus belles villes du monde, ne ressemblant à aucun autre endroit sur terre avec ses multiples palais qui baignent les pieds dans l’eau, il n’en est pas de même pour les carrosses flottants. La laque des barques noires aux détails dorés semble moins brillante depuis que les gondoliers qui transportent les amoureux à travers les canaux de la ville ont cessé de chantonner "O sole mio" pour faire grise mine, étouffés par le tourisme de masse que d’énormes bateaux de plaisance vomissent quotidiennement dans les ruelles de la sérénissime.

N’empêche que pendant la Biennale d’art contemporain, Venise redevient tous les deux ans le centre du monde pour les amoureux de la création artistique mondiale, et cela pendant six mois (relayée l’année suivante par la Biennale d’architecture). Autour d'un thème générique, un grand nombre de nations désignent un ou plusieurs artistes censés faire briller leur pays à travers des œuvres hautement originales qui sont exposées dans leur pavillon attitré. Lequel peut se situer à l’intérieur de lieux groupés comme les Giardini ou l’Arsenale, ou encore dans des palais ou des églises de la ville. Tous les quartiers sont envahis et le voyage vers la capitale des canaux n’en devient que plus intéressant.

Pour vous donner envie et vous faciliter la randonnée vénitienne, voici quelques tuyaux personnels et pièges à éviter:

Les week-ends prolongés sont à conseiller du jeudi ou vendredi au dimanche plutôt que jusqu'au lundi, car la plupart des lieux d'exposition sont fermés en début de semaine.

Pour une première visite, il est conseillé de se rendre de l’aéroport vers la ville en vaporetto plutôt qu'en bus. Le trajet par la route est certes plus rapide, mais c'est bien plus agréable et joli sur l'eau. De toute façon, après le bus il y a de fortes chances de devoir tout de même faire un bout de chemin en bateau. Comme celui-ci s’arrête tous les quelques mètres, autant profiter de la belle balade sur la lagune en quittant le tarmac.

Le Dorsoduro est le quartier de la ville le plus recommandable, et cela pour plusieurs raisons. Un pont seulement, celui de l’Accademia, le sépare de la belle place Santo Stefano, de laquelle on atteint en deux minutes les plus alléchantes rues de shopping qui mènent tout droit vers San Marco, place centrale de la ville et une des plus visitées au monde.

Moins touristique que d’autres quartiers, on se retrouve le soir au Dorsoduro dans de bons restaurants connus des insiders ou aux terrasses populaires, dont surtout celles du spacieux Campo Santa Margarita, épicentre de la passeggiata des étudiants, l’université se trouvant juste à côté. Les bonnes auberges y affichent aussi en moyenne des prix plus doux qu’autour de San Marco.

Et on y trouve encore des troquets prêts à vous vendre l’apéro local, l’Apérol Spritz, à 3,50 euros, ainsi que la seule discothèque du centre de, le Piccolo Mondo.

Les amateur d’art trouveront dans le Dorsoduro leur bonheur à l’arrière comme à l’intérieur de la somptueuse Dogana, pointe de cette semi-île où le milliardaire et mécène François Pinault expose des trésors du monde artistique contemporain. Des pavillons nationaux y longent le long quai qui fait face à l’île de le Giudecca. La collection Peggy Guggenheim constitue un autre point d'attraction du quartier et si on pousse un peu plus loin vers San Polo, la Fondation Prada nous attend.

La Punta della Dogana

Un autre coin qui a beaucoup de charme est Castello, à l’arrière de l’Arsenale, où les rues ponctuées de linge étendu d’une maison à l’autre sont d'un calme surprenant le soir. Exception faite dans la rue Garribaldi, remplie de bistros, de restos et de commerces en tous genres. À savoir qu'à la sempiternelle pizza, rarement bonne, on préférera des fruits de mer, du poisson ou des pâtes faites maison.

On y est proche des deux centres principaux de la Biennale et on peut entièrement renoncer aux batailles qui ont lieu sur des vaporettos surpeuplés. Même si la découverte de Venise est une chose laborieuse car la ville ressemble à un puzzle géant, la marche à pied est la meilleure façon de l’apprivoiser. Et de faire des économies, car cela sera nettement moins onéreux qu’en gondoles ou taxis sur l’eau. Sans parler du temps de trajet économisé.