Ne pas céder aux sirènes de la dernière saison de Game of Thrones: tel a été mon défi ces dernières semaines.

"Quoi, tu vas tenir pendant plus d'un mois, sans voir un seul épisode de la nouvelle saison?" Eh oui, j'ai le goût du risque: bien qu'étant un grand fan de Game of Thrones, je n'ai pas vu un seul épisode de l'ultime saison 8 qui s'est achevée la nuit dernière aux États-Unis. Cela pour deux raisons:

  1. Ne pas pouvoir binge-watcher me frustre terriblement.
  2. Il s'est passé quoi, de nouveau, dans la saison 7?
Cette décision en a horrifié plus d'un(e). Face à l'armée de spoils déjà en place sur le champs de bataille, on me promettait l'enfer: "Tu n'y échapperas paaaaaas!"

En fait, je n'ai surtout pas échappé à cette histoire de gobelet Starbucks laissé sur une table devant Daenerys, dans un épisode à mi-saison. Mais pour le reste, je pense avoir réduit la menace à l'état de fantôme assez facilement.

En premier lieu, je me suis abstenu de lire la plupart des articles annonçant cette dernière saison: leur abondance était de toute façon aussi écœurante que de manger de la mayonnaise à la cuillère.

Ensuite, il a suffi de masquer avec la plus grande intolérance possible toutes les publications sur Facebook y faisant référence. Un seul mot, une seule blague, une seule allusion et je bloquais la page en question pour au moins 30 jours. Même chose avec les newsletters. Et le tri a été vite fait. Juste après le premier épisode diffusé aux États-Unis le 14 avril, j'ai tranché les gorges de plusieurs sites d'infos, spécialisés en ciné/séries, des sites culturels et même de jeux vidéo.

D'autres ont disparu de mon mur Facebook au fur et à mesure, sans laisser de traces. Entre ceux qui spoilent ouvertement en résumant le dernier épisode, en le notant, en affichant une image, en se projetant sur la suite et les autres, qui s'amusent à les traiter de manière décalée (en les commentant comme un match de foot, par exemple), il a certes fallu dégainer rapidement, mais j'y étais préparé.

Quant à mes amis, il n'y a pas eu besoin d'en prévenir énormément. La plupart font la chasse aux spoils comme moi et savent donc très bien que me dévoiler la substantifique moelle de chacun des épisodes (comme le propose une application) constituerait un affront, menant inévitablement à une joute équestre sur le parking du supermarché le plus proche.

"Oui mais cela veut dire que tu en as quand même lu certains, si tu as décidé de masquer ces sites!" me direz-vous. Pas vraiment. Car j'ai développé un don magique: celui de passer à un autre état mental, en l’occurrence celui d'un poisson rouge.

Ainsi, à chaque risque de spoil, mon cerveau s'est réduit presqu'instantanément en bouillie afin de ne rien comprendre des références faites à travers l'un ou l'autre titre ou commentaires de fans. Pour être tout à fait honnête, je dois bien avouer qu'il arrive assez fréquemment que ce superpouvoir se déclenche à l'insu de mon plein gré en plein épisode, ma (dé)concentration étant fonction du nombre de personnages, de familles et de lieux mis en scène. Et "GoT" est une série parfaite pour ça.

Avant de pouvoir pleinement profiter de cette ultime et magnifique (j'en suis convaincu) saison, je me suis donc lancé dans un marathon en reprenant tout depuis le début. Mon compagnon de bingewatching en est témoin: c'est fou tout ce que j'avais oublié (hum... ou pas compris) lors du premier visionnage, entamé en 2011. Finalement, ne rien comprendre à ce qu'on regarde est la clé pour tuer le spoil.

PS: dernier défi, trouver des images pour illustrer cet édito sans se faire spoiler.