RTL vous emmène à la découverte de L'Exutoire, une salle prévue se faire plaisir en cassant divers objets.

Tout casser. Des assiettes aux bouteilles en verre, jusqu'à la vieille télévision cathodique... Voire, pour les plus ambitieux, une voiture. Bienvenue à L'Exutoire, à Ennery. Une salle où l'on vous invite à réduire en miettes divers objets et surtout, à laisser sortir ce que vous gardiez enfoui au plus profond de vous. Stress, anxiété et colère parfois.

Tenté par cette promesse de défoulement, nous y réservons un créneau et retrouvons Mike. À 45 ans, le patron de L'Exutoire comprend mieux que quiconque le besoin d'extérioriser et parfois, de lâcher du lest. Tatoueur de métier, un accident de la route l'a privé de l'usage de son bras droit. Désormais confronté à une longue convalescence et pour l'instant privé de son art, c'est en cherchant à donner un second souffle à sa vie professionnelle qu'il a eu l'idée de L'Exutoire.

Une nuit, c'est un reportage sur les "fury room" américaines, qui l'a motivé à importer le concept. "Tu viens, tu casses, tu repars vidé. C'est mieux que le psy" plaisante-t-il. "Une quinzaine de minutes, c'est bien pour commencer" nous conseille-t-il encore, assurant que l'exercice nous fera transpirer. Le tout, dans une ambiance au choix, car Mike a aussi installé un haut-parleur afin que chacun puisse joyeusement se défouler sur sa musique. "Certains vont tout casser sur du Mozart, d'autres vont choisir du métal" avance-t-il.

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Masse, batte, club de golf... l'arsenal de L'Exutoire donne un éventail de choix à ses clients. / © Maxime Gonzales

De notre côté, nous ne pouvons que nous impatienter en découvrant l'arsenal prévu par Mike pour nous aider à nous vider la tête. Batte de baseball, club de golf, marteau, masse, pied de biche... Il y en a pour tous les goûts. "La batte, c'est un classique. Le club de golf est plus fragile, mais j'ai aussi des outils plus atypiques." Notamment un immense gourdin en bois, fabriqué par un ami, mais plus difficile à manier. Nous nous rabattons finalement vers la batte de baseball et sur une masse, plutôt lourde, pour détruire les appareils électroménagers installés par Mike. Des objets, nous précise-t-il, récupérés à droite à gauche et recyclés une fois leur vie terminée. Car ici, rien ne se perd, tout se transforme. Et chez Mike, même hors d'usage, le plus beau des écrans plats peut encore vous assurer quelques minutes de déconnexion avec le quotidien.

Une fois équipés, de gants, d'une blouse, d'une visière et de plusieurs autres protections, Mike nous propose un petit échauffement. Le temps pour lui de s'improviser lanceur et de nous jeter quelques bouteilles de verre qui voleront en éclats sous nos coups de batte.

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Thomas en mode baseball pour s'échauffer. / © Maxime Gonzales

Ce n'est pas encore le "home run" parfait, mais un petit déclic se produit au moment de fracasser ces quelques canettes qui n'avaient rien demandé à personne. Mis en appétit, nous nous tournons donc vers une pile d'assiettes qui auront bien dégusté après quelques coups de batte. Nous nous surprenons d'ailleurs à sourire en détruisant ces objets du quotidien. "C'est ça qui est bien", clame Mike. "Chez toi, tu ne peux rien casser, ce sont tes objets. Mais ici, c'est le moment de se lâcher." Dans un coin de la pièce, il nous observe dans nos œuvres. Et impossible d'ignorer le large sourire qu'il affiche en nous voyant détruire joyeusement diverses bouteilles. "Cet exutoire, c'est celui de mes clients, mais c'est aussi un peu le mien" confie-t-il.

La séance se conclura par le plat de résistance: une imprimante et une télévision cathodique. Deux objets imposants, lourds, mais dont notre masse n'aura fait qu'une bouchée. Alors que j'ai pris plaisir à méthodiquement ravager l'écran de la télévision, moins subtil, Maxime ne laissera aucune chance au pauvre appareil et se chargera de le réduire en miette, tout comme l'imprimante.

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L'ancienne télé cathodique n'a pas résisté longtemps aux coups de masse. / © Maxime Gonzales

"En général, je conseille de ne pas dépasser 25 minutes pour la première fois" commente Mike une fois notre session terminée. N'ayez crainte toutefois, celui-ci a tout prévu et nous assure que sa "fury room" est accessible au plus grand nombre. "Les adolescents, accompagnés de leurs parents, sont aussi acceptés." La clientèle est d'ailleurs plus mixte que l'activité ne pourrait le faire croire: "Depuis l'ouverture, j'ai reçu plus de femmes que d'hommes" annonce-t-il. Les multiples confinements ont sans doute nourri ce besoin de se débarrasser de nos pensées négatives, de nos frustrations. "Il y a un vrai besoin d'extérioriser" confirme-t-il.

Après ces précieux instants de démolition improvisée, nous sortons en nage de nos combinaisons. Mais nous repartons avec l'esprit plus léger, débarrassé de notre stress. Oui, nous avons trouvé notre exutoire !