Des membres de la rédaction de RTL 5minutes, qui ont passé le test de dépistage Covid-19 (PCR), vous racontent leur courte expérience.

"COMME SI JE BUVAIS UNE PETITE TASSE"

Raphaël : "Pour me rassurer, rassurer mes proches et mes collègues, me voici dans une salle d'attente d'un médecin du Grand Est, presqu'étonné de ma présence ici et de ma demande d'ordonnance pour un test virologique PCR, alors que je n'ai pas de symptômes du covid-19: "Vous savez, le Covid d'aujourd'hui n'a plus grand chose à voir avec celui de mars-avril, il est largement moins dangereux." Mais ma demande est justifiée.

Sitôt sorti de chez le médecin, je téléphone au laboratoire pour prendre rendez-vous l'après-midi même. Je dois envoyer par email la copie de mon ordonnance et de ma carte vitale. On me signale que le test se fera à l'extérieur, sans avoir à sortir de ma voiture, qu'il faudra se moucher et porter un masque. Arrivé sur place, l'infirmière, protégée de la tête au pied, me prévient: "c'est un peu désagréable, je dois enfoncer la tige jusque là pour me rapprocher du pharynx" (à vue de nez -ahah- cela représente 8 cm de tige, dirais-je).

Je penche la tête en arrière et ressens donc cette désagréable sensation, comme si je buvais une petite tasse. Au tour de la deuxième narine. L'infirmière a le coup de main, ça dure 2 à 3 secondes par narine et mes yeux s'humidifient un peu. "Vous aurez les résultats d'ici demain" me prévient-on. Parfait, je serai vite fixé quant à ma présence à la pizza - party familiale de dimanche!"

"AUSSI AGRÉABLE QU'UN ARRACHAGE DE DENT AU MOYEN-ÂGE"

Jérôme: "Un collègue testé positif, une belle-mère anxieuse... Il n'en fallait pas plus pour me décider à faire le fameux test Covid-19. J'ai beau collaborer à une rédaction, je dois avouer que je ne savais pas par où commencer. Ordonnance préalable? Rendez-vous à l'hôpital? Par chance, j'ai appris qu'un bus itinérant était installé près de mon domicile et qu'on pouvait s'y présenter sans rendez-vous.

J'ai enfourché mon vélo et j'ai pu passer le test sans attendre. Je vous passe les détails du coton-tige géant introduit dans mon nez (une fois par narine), à peu près aussi agréable qu'un arrachage de dent au Moyen-âge. Mais le tout n'a pris que 10 minutes, on m'a ensuite indiqué que je recevrai les résultats par mail d'ici 24 à 48 heures. Pas de chance pour ma belle-mère, le repas était prévu demain !"

"LES BONS MOTS POUR ME FAIRE SOURIRE"

Thomas: ""Si vous pleurez, c'est qu'on était au bon endroit!" Pour sûr, l'employée du laboratoire par lequel je suis passé réaliser mon dépistage a trouvé les bons mots pour me faire sourire. Mais derrière mon rire et les larmes qui me montent aux yeux après ce chatouilleux moment, je me dis qu'elle a bien du courage.

Alors que je n'en ai eu que pour un court instant à me faire trifouiller le fond des narines, elle devra répéter inlassablement ce geste sur plusieurs dizaines de patients chaque jour.

"Retirez le masque. Penchez la tête. Fermez les yeux. Attention, je vais insérer l'écouvillon, mais promis ce ne sera pas long." Le geste est répétitif mais la bonne humeur est là. Comment ne pas lui sourire, alors que je la vois masquée, gantée, emballée au possible pour éviter au maximum d'être infectée et de propager un peu plus cet encombrant virus? Bon courage à elle, bon courage à eux !"

"UNE ENVIE RÉFLEXE DE DÉGLUTIR"

France: "La fameuse lettre est arrivée dans la boîte la semaine dernière, m'invitant à prendre rendez-vous pour passer le test "à grande échelle" au Luxembourg. N'écoutant que mon devoir citoyen (et un peu curieuse aussi), je suis la procédure en quelques clics et quelques champs à remplir dans un formulaire et voilà une case de mon agenda qui se colore.

Mercredi matin, sur le chemin de la rédaction, je tourne donc sur le boulevard Adenauer suivant la flèche "Test Covid-19". Le premier accueil est réalisé par une société privée de gardiennage et sécurité qui contrôle mes documents.

La file de voiture n'est pas bien longue et deux postes de tests sont installés sous des tentes. Mon tour arrive donc assez vite. Re-contrôle des documents (oui oui c'est bien moi sur cette vieille photo d'identité) et l'infirmière sourit derrière sous masque: on le voit, elle a les yeux qui sourient. Je lui rends la pareille, pas sûre qu'elle lise le petit sentiment d'inquiétude qui m'anime.

Quand elle sort une loooooongue tige et me demande d'ouvrir grand la bouche, je n'en mène pas large. "Collez la langue en bas, ouvrez plus grand, faites AAAAHHH"... Ce n'est pas un moment agréable, une envie réflexe de déglutir est difficile à retenir. Mais ça ne dure que quelques instants.

Les résultats sont envoyés dans la journée sur mon téléphone: ouf, je vais pouvoir aller prendre l'apéro avec les potes."