Très utilisé en Asie, le masque antipollution cherche à se faire sa place en occident. En France, un masque high-tech fait de plus en plus parler de lui. On l'a testé dans les rues de Luxembourg-ville.

En France, on le présente comme la Rolls-Royce des masques antipollution. Ce masque, c'est le "Nano" de la start-up R-PUR, qui tire son nom de sa technologie capable de filtrer "les particules fines jusqu'à 50 nanomètres". Une technologie brevetée unique au monde.

LES PROMESSES DU MASQUE

La première est évidente: permettre à son utilisateur de ne plus ressentir les odeurs. "En plein dans le trafic, la différence est presque choquante", prétend le cofondateur de la start-up R-PUR, Matthieu Lecuyer. "Au bout d'une semaine, on respire mieux et éventuellement, les maux de tête disparaissent." Nous n'avions pas de migraine avant de le tester, mais les odeurs de chantier du Kirchberg ont disparu lorsque nous l'avons porté. Pour les allergiques au pollen, l'objet est efficace également.

Vendu entre 129€ et 149€, le masque se décline en un modèle dédié au vélo (il est doté de matériaux réfléchissants), l'autre à la moto (la céramique protège contre l'abrasion en cas de chute). Évidemment, les deux conviennent à un usage piétonnier, dans des environnements très exposés: par exemple au milieu des voitures, notamment quand on produit un effort: "lorsque vos alvéoles sont dilatées, vous inspirez de l'air très nocif et des particules vont directement dans votre sang" explique Matthieu Lecuyer. À moto sur les autoroutes de la Grande Région, l'environnement est donc "parfait" pour utiliser ce masque...

La start-up prévoit de commercialiser d'autres modèles adaptés à "des environnements peu pris en compte", à destination par exemple des Forces Spéciales françaises, de l'Armée, des pompiers...

COMMENT L'UTILISER

Concrètement, la sangle haute doit se placer au-dessus de la tête et des oreilles, pour "équilibrer les forces". Celle du bas doit seulement être "déposée" sur la nuque. "Si vous serrez fort, une pression supplémentaire va s'exercer sur l'arête de votre nez" avertit la start-up. Le joint en silicone est à mémoire de forme: plus on le porte, plus on est à l'aise.

En outre, une application permet de suivre l'usure du filtre, qui se remplace après 5 à 15 semaines d'utilisation (29€ le filtre).

Outre son aspect fonctionnel, le masque joue aussi la carte du style avec plusieurs motifs proposés: il a même été porté lors d'un défilé de haute couture, celui de la jeune designeuse française Marine Serre, gagnante du prix LVMH en 2017.

"EFFICACE CONTRE LE CORONAVIRUS"

S'il n'a pas forcément été conçu pour cela, la start-up assure que son masque est efficace contre le coronavirus. "L'isolation du visage est optimale: si quelqu'un éternue à côté de vous, vous êtes totalement protégé." D'ailleurs, Matthieu Lecuyer avoue vendre "30% de masques en plus" depuis que le coronavirus a été détecté... Rappelons tout de même que le COVID-19 n'est pas un virus qui flotte dans l'air.

À Luxembourg, Metz ou Arlon, on est encore loin, cependant, de se promener masqué. "L'Occidental n'a pas encore cette culture du masque, au contraire de l'Asiatique pour qui c'est devenu un réflexe quasi normal de se protéger de la pollution" estime-t-on chez R-PUR.

COMMENT CE MASQUE FRANÇAIS EST NÉ

"Il existe des masques de chantier pour protéger du béton et de l'amiante. Il existe des masques de graffeur composés de charbon actif pour filtrer les aérosols. Mais il n'existait rien d'adapté à l'environnement urbain." Cette réflexion des fondateurs de la start-up française est née après une première rencontre à Séoul, où l'un suivait des études de marketing, l'autre en informatique.

"Quand on est rentré à Paris, on a recommencé à travailler en vélo et en scooter, raconte Matthieu Lecuyer. Et puis, mon ami a été victime de graves infections pulmonaires. Moi, j'ai subi de gros pics d'allergie liés à la pollution de l'air. On s'est renseigné sur les masques disponibles sur le marché et il s'est avéré qu'il n'y en avait aucun de vraiment efficace, confortable et même joli."

Dans la capitale française, les associés ont travaillé avec le gouvernement, des laboratoires, l'institut des arts et métiers et des docteurs pour développer leur masque high-tech, qui permet de filtrer les particules très fines jusqu'au nanomètre. "C'est une première mondiale car c'est le seul à être adapté à la pollution urbaine", prétend la start-up.