Depuis le mois de juillet, je m'acharne à prendre mon vélo le plus souvent possible pour me rendre à la rédaction de RTL. Voilà ce que j'ai appris.

"Mam Vëlo op d'Schaff", qu'ils disent. Dans le bus ou sur le web, impossible d'échapper au slogan de la dernière campagne de mobilité de l'été. Dans toutes les grandes villes, le vélo devient le nouveau roi de la mobilité, la nouvelle tendance, le nouveau truc à adopter. Alors je m'y suis mis.

EN FINIR AVEC LES BOUCHONS

Je vous rassure tout de suite, ce n'était pas une obligation pour le travail ni pour un article. Si j'ai décidé de miser sur le vélo cet été, c'est parce que je n'en pouvais plus de passer mon temps dans un bus alors que dehors, le soleil me faisait de l'oeil. Et surtout, je ne supportais plus de rester coincé dans les bouchons (si vous passez par le boulevard Royal et l'avenue de la Porte-Neuve le matin, vous savez de quoi je parle).

Alors mi-juillet, j'ai enfourché mon vélo et me suis lancé sur les routes de la capitale. Frontalier, je prends le train chaque jour. Entre la gare et RTL City, c'est un peu plus de six kilomètres de route. En vélo, la distance totale est la même mais le trajet est plus rapide. Bah oui, le bus c'est pratique mais ça comporte une énorme contrainte : le trajet est prédéfini, verrouillé par les nombreux arrêts à desservir. Sans compter que la route, il faut la partager avec les autres véhicules. À vélo, je peux emprunter un nouvel itinéraire quand l'envie m'en prend et les voies cyclables sont loin d'être bondées.

En début et en fin de journée, le Pont rouge et le boulevard Kennedy sont régulièrement saturés par le trafic. / © Thomas Toussaint / RTL

VÉLO VERSUS CIRCULATION ROUTIÈRE

Premier constat : je suis au moins aussi rapide que le bus. Entre la gare et RTL, comptez, au mieux, 20 minutes de trajet en bus. Une performance possible uniquement en-dehors des heures de pointe, quand les usagers sont peu nombreux et que tout les arrêts ne sont pas demandés. En heures de pointe, il n'est pas rare que le trajet atteigne 40 minutes.

En vélo ? 25 minutes. Jamais plus, parfois une ou deux minutes de moins. Tout dépend de ma forme et des aléas de la ville. Bref, en deux-roues, j'ai gagné en régularité.

Le plus satisfaisant est encore la possibilité de prendre l'air. Les véhicules peuvent être de potentiels nids à microbes (avouez que vous ne touchez pas aux barres du bus), sont en général pollués (les passagers respirent davantage de particules fines que les piétons à côté du trafic). Et mes 25 minutes de pédalage du matin sont le meilleur moyen de garder la forme (et non, je n'arrive pas trempé de sueur au bureau).

Un tour en vélo le matin à Luxembourg, c'est le meilleur moyen de prendre l'air. / © Thomas Toussaint / RTL

Dernier point et non des moindres : les risques encourus. Inutile de vous faire un dessin, les cyclistes, comme les conducteurs de deux-roues motorisés, n'ont pas de carrosserie, de ceinture et d'airbags pour les protéger en cas de pépin.

En 2016, ils comptaient pour 28% des tués et blessés dans des accidents. D'où l'importance de porter un casque, de bien respecter la signalisation et de rester vigilant face à la circulation. En empruntant au maximum les pistes cyclables (bien que tout le monde connaît la dangerosité de celles qui ne sont pas physiquement séparées du reste du trafic), tout devrait bien se passer.

VIVE L'ASCENSEUR DU PFAFFENTHAL

Un des moments les plus agréables de mon parcours, c'est sans conteste le passage par l'ascenseur du Pfaffenthal ! Après avoir traversé un bout du Grund et être passé sous le Schlassbréck, j'arrive au bas de l'ascenseur. 60 mètres d'ascension pour apprécier une bien jolie vue sur la vallée de l'Alzette.

Dans le parc Pescatore, un compteur me permet de voir combien de cyclistes sont passés par là. Et surtout, la nouvelle liaison avec le Pont rouge m'évite un détour pénible via l'avenue de la Porte-Neuve. Le reste du parcours n'est qu'une longue mais douce montée. Les tronçons réservés aux deux-roues sont omniprésents jusqu'au bout du Kirchberg, un gros plus qui facilite le déplacement et qui me permet de mieux profiter de la balade.

Et le trajet retour alors ? Il est encore plus facile pardi ! Le dénivelé négatif permet de gagner plusieurs minutes sans forcer sur les pédales. Inutile de repasser par l'ascenseur du Pfaffenthal, une petite virée par la Ville-Haute est bien plus agréable. Surtout que d'après topographie.lu, la piste cyclable du centre serpente entre les vieille artères de Luxembourg, vous fait passer devant le palais grand-ducal puis sur la Passerelle et sa bande cyclable.

Temps de trajet total : moins de 45 minutes pour un peu plus de 12 km en ville, cinq fois par semaine, pour environ 60 km hebdomadaire. C'est aussi bien que ce que propose le bus dans ses meilleurs jours.

BILAN DE L'EXPÉRIENCE

Après un mois et demi à pédaler pour me rendre au bureau, mon avis est bien tranché : je ne vois que très peu de bonnes raisons pour reprendre mon véhicule ou les transports en commun. Certes les premiers déplacement sous la pluie n'ont pas été agréables, mais l'achat d'une veste et d'un pantalon de pluie ont vite fait d'effacer ces quelques désagréments. Il ne restait qu'à prévoir un t-shirt de rechange, juste au cas où (il traîne dans mon tiroir de bureau depuis) et à regarder la météo avant de partir de chez soi.

Les aléas de la circulation me semblent un lointain souvenir et je ne suis plus en retard. Niveau budget, pas de changement de mon côté mais niveau forme, le progrès est là ! J'arrive au travail mieux réveillé et plus dynamique. Me voilà devenu un "vélotafeur" convaincu. À en croire les résultats de l'opération "Mam Vëlo op d'Schaff" de cette année (plus de 3.000 cyclistes et un million de kilomètres parcourus), je ne suis pas le seul.

Sur la gauche, les locaux de RTL, au Kirchberg, à l'aube. / © Thomas Toussaint / RTL