Dimanche matin, équipé de mon tapis de gym et de toute ma motivation, je me suis rendu à la Kinnekswiss pour un cours de yoga en plein air.

Et grand bien m'en a pris. Si je regrettais un peu de devoir régler mon réveil pour un dimanche matin (un vrai sacrilège selon certains de mes proches), mes derniers doutes se sont envolés en arrivant sur place.

À 10h20, sous un beau soleil et sur une pelouse encore légèrement humide, les organisateurs, John et Sarah, sont arrivés et se sont installés, en attendant que leurs élèves du jour prennent place. De passage au pays pour l'été (Sarah est originaire du Grand-Duché, John vient d'Inde) ces deux-là n'en sont évidemment pas à leur coup d'essai. En plus de donner des cours de yoga dans les pays qu'ils visitent (car oui, ce sont de vrais globe-trotteurs), ils proposaient déjà ces sessions l'an passé.

Chaque dimanche de l'été, Sarah et John proposent un cours de yoga en plein air à la Kinnekswiss. / © Thomas Toussaint / RTL

TOUT LE MONDE PEUT PRATIQUER

Je n'ai pas manqué de leur dire que je n'avais jamais pratiqué le yoga jusqu'ici. Et que je manquais de souplesse (pouvoir toucher le sol en se penchant en avant ça ne suffit pas). Ils m'ont vite rassuré : "Chacun fait de son mieux, sans se forcer. Le but est d'accomplir le mouvement, pas de se blesser."

Installé sur mon tapis de gym et pieds nus, j'ai donc commencé la séance en compagnie d'au moins quarante personnes. Quelques exercices de respiration et des premiers mouvements simples ont suffi à me mettre dans le bain. John et Sarah se sont alternés tout au long de la séance pour délivrer leurs consignes. Il nous suffisait de reproduire leurs gestes.

S'ils nous ont conseillé de travailler les yeux fermés quand c'était possible, je dois avouer que j'ai passé la plupart de mon temps les yeux ouverts. Non pas que je ne comprenais pas leurs directives (les séances sont en anglais) mais plutôt que je redoutais de mal reproduire les positions.

J'ai vite remarqué que je n'étais pas le seul à garder les yeux ouverts. C'était presqu'un impératif pour les débutants. Les initiés, eux, n'avaient pas le moindre mal à suivre la séance sans vérifier constamment s'ils se tenaient correctement. Je pense même qu'entendre le nom des positions leur était suffisant. Ce n'est que lorsque l'on a répété plusieurs fois les poses que je me suis autorisé à fermer les yeux.

PLUS PHYSIQUE QU'IL N'Y PARAÎT

Un cliché très répandu en Europe veut que le yoga soit une forme de gymnastique sans grand intérêt physique. On est loin de la réalité.

Avant la séance, Sarah m'a expliqué que les femmes sont les plus nombreuses à suivre les sessions au Grand-Duché. "Le yoga a une image d'activité pour femme ici, et c'est franchement paradoxal, car en Inde, il a été inventé par des hommes et est majoritairement pratiqué par des hommes."

Si le yoga dépasse largement le cadre de l'activité physique (c'est plutôt une philosophie de vie), en tant que débutant, c'est bien sur ce point que je me suis concentré. Les différents mouvements demandent un minimum d'équilibre et de force. Garder le dos droit, rester debout sur une jambe dans des positions peu évidentes, c'est plus dur qu'il n'y paraît. Quant aux exercices de respiration, ils demandent aussi une certaine maîtrise de soi.

INSPIRER... EXPIRER...

Ensoleillée et au calme, la plaine centrale de la Kinnekswiss est un lieu idéal pour pratiquer une séance de yoga. / © Thomas Toussaint / RTL

Ce n'est qu'en me concentrant vraiment sur mon souffle (bah oui, respirer, on le fait sans réfléchir d'habitude) que j'ai vraiment pu apprécier la séance.

Avec un bon relâchement des muscles, on parvient à ressentir un vrai apaisement de l'esprit. Le plus étonnant, c'est que ce n'est que lorsque John et Sarah me disaient de relâcher les muscles de mon visage que je me suis rendu compte à quels points ils étaient crispés. Mes épaules, mon dos et mes jambes ne faisaient pas exception.

Après plusieurs minutes de retour au calme (nous étions tous allongés et travaillions sur notre respiration) la séance s'est finalement terminée. Trop tôt à mon goût. Bien plus reposé et détendu que si j'étais resté au lit, je suis finalement reparti de la Kinnekswiss. Avec la ferme intention de renouveler l'expérience.

Pour les curieux, sachez que les séances de John et Sarah continuent jusqu'à la fin du mois. Rendez-vous les deux derniers dimanches d'août à la Kinnekswiss à 10h30 (si la météo le permet) ! Ils annonceront sur leur page Facebook si le cours peut se dérouler.
Sinon, des séances quotidiennes sont organisées en fin de soirée, du lundi au vendredi au Kirchberg, derrière la Coque.