Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a instauré jeudi une enquête internationale sur la répression sanglante des manifestations en Iran, afin de rassembler des preuves pour éventuellement poursuivre les responsables.

La résolution présentée par l'Allemagne et l'Islande a été adoptée ce jeudi après-midi par 25 oui, 6 non et 16 abstentions lors d'une réunion d'urgence du Conseil des droits de l'homme à Genève.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a affirmé un peu plus tôt être sans réponse de l'Iran à sa demande de visite.

Les 47 Etats membres de la plus haute instance onusienne en matière de droits humains débattent en urgence de la "détérioration de la situation des droits de l'homme" à l'initiative de l'Allemagne et de l'Islande.

"L'usage inutile et disproportionné de la force doit cesser. Les méthodes anciennes et la mentalité de forteresse assiégée de ceux qui détiennent le pouvoir ne fonctionnent tout simplement pas", a affirmé M. Türk, qualifiant de "récit habituel de la tyrannie" l'attitude de ceux qui "cherchent à délégitimer" les manifestants, les représentants de la société civile et les journalistes. Il a également assuré par la suite aux journalistes que sa demande de visite en Iran restait lettre morte.

PLUS DE 15.000 PERSONNES ARRÊTÉES

De nombreux diplomates occidentaux ont dénoncé la répression des manifestations en Iran qui, depuis plus de deux mois, a fait au moins 416 morts, dont 51 enfants, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège.

Cette vague de contestation - née de revendications pour les femmes après la mort de Mahsa Amini arrêtée pour avoir mal porté le voile islamique et qui se sont transformées en contestation du pouvoir - est sans précédent depuis la Révolution islamique de 1979.

"Le peuple iranien réclame quelque chose de si simple, quelque chose que la plupart d'entre nous considèrent comme allant de soi: la possibilité de parler et d'être entendu", a affirmé l'ambassadrice américaine Michèle Taylor, des membres de sa délégation brandissant des photos et des noms des victimes.

Selon le Rapporteur spécial de l'ONU sur l'Iran, plus de 15.000 personnes ont été arrêtées. La justice iranienne a déjà prononcé six condamnations à mort en lien avec les manifestations.