L'arrivée de l'été rime cette année encore en France, Allemagne, Royaume-Uni et au Luxembourg, avec une remontée des cas de Covid-19. Une vague portée par de nouveaux sous-variants d'Omicron, qui suscite des appels à la vigilance.

De nombreux pays européens sont confrontés depuis quelques semaines à une nouvelle accélération des contaminations et le Luxembourg n'y échappe pas.

La circulation du SARS-CoV-2 s'est accélérée en France depuis une dizaine de jours en métropole, et un rythme de contaminations désormais au-delà de 44.000 cas (en moyenne sur sept jours).

"Là, c'est très clairement une reprise épidémique qui est liée à l'arrivée de nouveaux variants de la famille Omicron qui diffusent plus vite", a expliqué ce mercredi Anne-Claude Crémieux, professeure de maladies infectieuses à l'Hôpital Saint-Louis à Paris, au micro de France Info.

Au Royaume-Uni, les infections quotidiennes sont de nouveau quasiment au plus haut depuis le début de la pandémie.

Premier touché, le Portugal a connu en mai une augmentation marquée des nouveaux cas, qui a culminé début juin à près de 30.000 contagions par jour. La vague a, depuis, commencé à refluer.

Egalement affectée, l'Italie a comptabilisé 30.526 nouveaux cas en 24h (de samedi à dimanche), avec une augmentation de 63,4% en 7 jours, selon le dernier rapport du ministère de la Santé. L'Allemagne subit le même sort.

Au Luxembourg, où est attendue ce jeudi la nouvelle rétrospective de la semaine dernière (du 13 au 19 juin), tout indique qu'une nouvelle vague s'est bien formée depuis le début juin.

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© Source: Ministère de la Santé

Après avoir atteint un point un point bas le 29 mai 2022, la courbe de nouvelles infections n'a cessé de grimper pour faire un bond de 65% entre le 30 mai et le 5 juin, puis de 46% entre le 6 et le 12 juin.

Ce mercredi 22 juin, le ministère de la Santé annonce à nouveau 964 nouvelles infections pour la journée de mardi. La moyenne mobile des nouvelles contaminations sur sept jours est passé de 168 nouveaux cas le 29 mai à 613 cas le 21 juin.

NOUVEAUX SOUS-VARIANTS

La reprise s'explique par la conjonction de deux effets, explique Mircea T. Sofonea, maître de conférences en épidémiologie à l'université de Montpellier. D'une part, un "déclin immunitaire", c'est-à-dire que "la protection conférée par une infection ou une dose de vaccin décroît avec le temps".

D'autre part, l'arrivée de nouveaux sous-lignages d'Omicron, BA.4 et surtout BA.5, qui se propagent d'autant plus rapidement qu'ils semblent bénéficier d'un double avantage de contagiosité et d'échappement immunitaire.

"On est face à une évolution continuelle du virus, qui rencontre des personnes ayant déjà des anticorps -parce qu'elles ont été infectées auparavant ou vaccinées- et qui doit avoir un avantage sélectif pour parvenir à se faufiler", décrypte pour sa part Olivier Schwartz, directeur de l'unité Virus et Immunité de l'Institut Pasteur.

"BA.5, et dans une moindre mesure BA.4, est en train de se propager en Europe", ajoute-t-il. Or "des données épidémiologiques montrent qu'il serait 10% plus contagieux que BA.2, c'est la raison pour laquelle il prend le dessus".

VERS UNE HAUSSE DES HOSPITALISATIONS ?

Sur la sévérité de BA.5, "il est prématuré de se prononcer, en l'absence de données cliniques fermement établies", estime M. Schwartz.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a jugé mi-juin que, sur la base de données encore limitées, "il n'y a aucune preuve que BA.4 et BA.5 soient associés à une gravité accrue de l'infection par rapport aux variantes circulantes BA.1 et BA.2".

Cependant, comme lors des vagues précédentes, une augmentation globale des cas de Covid-19 peut entraîner une augmentation des hospitalisations, des admissions en soins critiques et des décès, a prévenu le Centre.

La population européenne est dans l'ensemble fortement immunisée grâce aux vaccins et infections passées. Cela lui confère une protection a priori plus forte contre le risque d'une forme grave de la maladie que contre le risque d'une nouvelle infection, ce qui devrait limiter l'ampleur du rebond des hospitalisations.

En France, la "reprise épidémique modérée" des dernières semaines (le nombre de cas a plus que doublé en trois semaines) "s'accompagne d'une petite reprise des hospitalisations" et risque d'entraîner "une hausse décalée dans le temps" des entrées en soins critiques et des décès, a noté mardi le Pr Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale.

"Il ne se passera rien de dramatique dans les service de soins intensifs des hôpitaux", a pour sa part rassuré le virologue allemand Klaus Stöhr.

Au Luxembourg, les hospitalisations qui étaient retombées à trois hospitalisés (2 en soins normaux et une en soins intensifs) le 30 mai, sont remontées à 18 patients hospitalisés (16 en soins normaux et deux en soins intensifs) le 21 juin 2022.

NOUVELLES MESURES POUR L'ÉTÉ ?

L'ECDC a appelé les pays européens à "rester vigilants", en maintenant des systèmes de tests et de surveillance.

"On s'attend à ce que des doses de rappel (de vaccin) supplémentaires soient nécessaires pour les groupes les plus à risque de maladie grave, en prévision des futures vagues", a-t-il estimé.

Certains pays ont déjà annoncé de nouvelles mesures. L'Italie a ainsi décidé mi-juin de prolonger l’obligation de porter des masques FFP2 dans les transports publics (sauf dans les avions) jusqu'au 30 septembre. "Je veux continuer à recommander de se protéger en faisant le deuxième rappel du vaccin anti-Covid", notamment pour les plus à risque, a préconisé le ministre de la Santé Roberto Speranza, actuellement positif.

Le président allemand de l'Association médicale mondiale, Frank Ulrich Montgomery, a, lui, prôné l'adoption rapide d'une "boîte à outils" avec masque, vaccination et limitation des contacts.

En France, le gouvernement a appelé cette semaine les plus âgés à recevoir le second rappel vaccinal "le plus vite possible", sur fond de "reprise épidémique modérée". Un quart des personnes éligibles ont reçu leur second rappel vaccinal contre le Covid, un taux "clairement insuffisant", souligne le gouvernement.