Les glaciers de l'Antarctique n'ont jamais fondu aussi vite depuis des millénaires. Le glacier de Thwaites, grand comme 75 fois le Luxembourg pourrait atteindre un point de non-retour. Un scénario catastrophe qui entraînerait une hausse de plusieurs mètres du niveau de la mer.

Il a été baptisé le "glacier de l’apocalypse", Thwaites est l’un des plus gros glaciers de l’Antarctique Ouest, d'une superficie de plus de 192.000 kilomètres carrés. S'il venait à fondre entièrement, le niveau de la mer pourrait s'élever de 3 mètres.  La planète a déjà gagné plus de 1°C depuis l'ère pré-industrielle à cause de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre provoqués par les activités humaines. Mais l'Antarctique se réchauffe deux fois plus vite.

Dans une étude publiée dans la revue Geology, des chercheurs se sont penchés sur la barrière de Larsen, la plus grande de la péninsule antarctique, qui était stable depuis 10.000 ans mais qui a subi ces 25 dernières années une série d'effondrements, avec notamment la désintégration en 2002 de la barrière Larsen B.

"La désintégration régulière de barrières de glace sur la côte est de la péninsule antarctique est liée au réchauffement de l'atmosphère vers le sud ces 50 dernières années", a commenté dans un communiqué le British Antarctic Survey, qui participait à l'étude.

POINT DE BASCULE

"Dans le même temps, les courants océaniques chauds se sont accentués, affaiblissant les barrières de glace par en dessous", a-t-il ajouté.
La calotte glaciaire de l'Antarctique, qui représente l'équivalent de 55 mètres d'élévation du niveau des océans, perd 150 millions de tonnes de glace chaque année.

L'hypothèse de sa fonte fait partie des "points de rupture" ou "point de bascule" identifiés par les scientifiques comme des éléments-clés dont la modification substantielle pourrait entraîner le système climatique vers un changement dramatique et irrémédiable.

Selon les experts climat de l'ONU (Giec), le niveau des mers a déjà augmenté  de 15 cm au XXe siècle. Conséquence: d'ici 2050 plus d'un milliard de personnes  vivront dans des zones côtières particulièrement vulnérables aux inondations ou événements météo extrêmes.