La coulée de lave d'un volcan entré en éruption dimanche sur l'île de La Palma, dans l'archipel espagnol des Canaries, n'avançait plus que lentement mercredi après-midi. Il n'est plus certain qu'elle atteigne l'océan Atlantique.

Des colonnes de fumées noires de plusieurs centaines de mètres de haut continuaient de s'élever de ce volcan, le Cumbre Vieja. Les autorités ont souligné que les cendres en suspension réduisaient la visibilité et ont demandé aux habitants de l'île de limiter leurs déplacements en voiture.

RTL

Eruption aux Canaries : 320 constructions détruites / © AFP

Selon le dernier bilan fourni par le système européen de mesures géospatiales Copernicus, 154 hectares de terrain et 320 bâtiments ont été détruits par la lave, dont de nombreuses habitations abandonnées à la hâte par leurs occupants.

Au total, 6.100 personnes ont été évacuées depuis le début de l'éruption, qui n'a, pour l'instant, pas fait de morts ou de blessés. Parmi elles figurent 400 touristes qui ont été transférés à Tenerife, une autre île de l'archipel, ont précisé les autorités.

Les dégâts provoqués par l'éruption - la première depuis 1971 sur cette île peuplée de près de 85.000 habitants - dépasseraient déjà les 400 millions d'euros.

"ON NE PEUT RIEN FAIRE"

RTL

Eruption de lave du volcan Cumbre Vieja, sur l'île de Palma dans l'archipel espagnol des Canaries, le 21 septembre 2021 / © AFP

Face à cette situation, les pompiers avaient fait dans la nuit de mardi à mercredi une tentative désespérée pour dévier la coulée de lave d'une bonne dizaine de mètres de haut entrée dans le village de Todoque, l'un de ceux évacués par les autorités et la dernière localité avant la côte, située à quelque 2 km à vol d'oiseau.

Mais le président de la région des Canaries, Ángel Víctor Torres, a critiqué cette initiative. "Face à l'avancée de la lave (...) on ne peut rien faire", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Ni une barricade, ni un fossé" ne peuvent arrêter une coulée de lave, a-t-il ajouté.

En fait, c'est peut-être la lave qui s'arrêtera d'elle-même. Son ralentissement, déjà très marqué, s'est en tout cas encore accentué mercredi.

Initialement, l'arrivée de la lave dans l'Atlantique, redoutée par les autorités en raison des émanations de gaz toxiques et des projections que cela pourrait provoquer, était prévue pour lundi soir, puis pour mercredi ou jeudi. Mais l'heure était désormais au doute à ce sujet.

RTL

Evacuation dans le quartier de Todoque à Los Llanos de Aridane sur l'île de La Palma aux Canaries en Espagne, le 22 septembre 2021 / © AFP

"Nous n'avons actuellement aucune certitude quant à savoir si l'avancée (de la lave) ira jusqu'à la mer ou non", a ainsi indiqué mercredi Miguel Ángel Morcuende, le directeur de la cellule d'urgence qui suit l'éruption, pendant une conférence de presse. La lave ne progressait désormais que d'un mètre par heure, a annoncé mercredi le président régional. "Les coulées avancent très lentement, 12 mètres en douze heures", a-t-il dit.

VISITE DU ROI FELIPE VI 

D'après l'Institut, entre 6.000 et 11.500 tonnes de dioxyde de soufre sont ainsi recrachées quotidiennement dans l'atmosphère.

RTL

Un épais nuage de cendres couvre la vallée d'Aridane vue de Los Llanos de Aridane sur l'île canarienne de La Palma, le 22 septembre 2021 / © AFP

Le nuage, qui a déjà atteint les côtes marocaines et la péninsule ibérique, devrait ensuite remonter vers les îles Baléares et le sud de la France, selon les projections du programme Copernicus.

Le roi Felipe VI était attendu sur place jeudi pour y rencontrer des personnes évacuées et le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, actuellement à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU, a prévu de rentrer en Espagne immédiatement après son discours afin d'accompagner le souverain pendant cette visite.

À lire également: 

Les images spectaculaires de l'éruption du volcan 

Vidéo: La lave fait bouillir une piscine à La Palma