Le gouvernement polonais a annoncé mercredi que l'arrêt du Tribunal constitutionnel interdisant pratiquement l'avortement entrerait en vigueur après sa publication le même jour au journal officiel.

"Le Tribunal constitutionnel a présenté une justification écrite de l'arrêt sur la protection de la vie. Conformément aux exigences constitutionnelles, l'arrêt sera publié aujourd'hui dans le Journal officiel", a indiqué le Centre d'information du gouvernement sur Twitter.

Le Tribunal constitutionnel, réformé par les conservateurs au pouvoir, a proscrit en octobre l'interruption volontaire de grossesse en cas de malformation grave du foetus, statuant qu'elle est "incompatible" avec la Constitution, ce qui aboutit à l'interdiction de tout IVG sauf en cas de viol ou d'inceste, ou lorsque la vie de la mère est en danger.

Depuis l'annonce de l'arrêt du tribunal, réformé par le parti ultra-catholique Droit et Justice (PiS), au pouvoir, et se conformant à ses souhaits le 22 octobre, des manifestations massives se poursuivent dans toute la Pologne contre cette mesure.

Des manifestations ont été annoncé mercredi soir devant le siège du Tribunal constitutionnel à Varsovie, ainsi que dans plusieurs villes du pays.

"Nous exhortons tout le monde à sortir dans la rue. (...) Exprimez votre colère comme bon vous semble", a déclaré à la presse mercredi Marta Lempart de la "Grève des femmes", principal mouvement à l'origine des protestations.

Une manifestante porte une pancarte sur laquelle est mentionnée "Avortement à la demande", le 27 janvier 2021 à Varsovie / © AFP

"L'ensemble de la Pologne se mobilise, pas seulement Varsovie, nous sommes prêts! Quand nous parlons de l'enfer des femmes, nous pouvons maintenant parler de l'enfer du gouvernement. Nous allons vous cuisiner un enfer", a ajouté Klementyna Suchanow, également de la Grève des femmes.

Aujourd'hui, il y a moins de 2.000 avortements légaux par an en Pologne, selon les données officielles. Les organisations féministes estiment par ailleurs qu'environ 200.000 IVG sont réalisées illégalement ou à l'étranger chaque année.