L'agrocarburant routier Superéthanol E-85 a vu sa consommation croître en France en 2020, en dépit de la baisse de la circulation automobile liée à la crise sanitaire, souligne la filière mardi dans son bilan annuel.

Cette essence, la moins chère de tous les carburants, qui contient 60 à 85% de bioéthanol (issu de la fermentation de betteraves ou céréales) a vu ses volumes consommés croître de 4%, à plus de 350 millions de litres, quand les autres carburants routiers chutaient de 15%, relève la Collective du bioéthanol (Association de la betterave et du sucre et Syndicat des producteurs d'alcool agricole).

Le Superéthanol E-85 forme cependant encore une part très minime des essences, elles-mêmes minoritaires face au gazole qui représente les trois quarts du total.

Le Superéthanol E-85, moins taxé car moins émetteur de CO2 que les carburants fossiles, est utilisable par les véhicules dits "Flex-Fuel", ou par les voitures essence équipées d'un dispositif de conversion homologué.

La filière demande aux pouvoirs publics d'élargir l'accès aux boîtiers de conversion aux véhicules de 15 CV et plus et à ceux équipés de filtres à particules. Selon elle, cette demande est "en passe d'être acceptée" et rendrait éligibles environ neuf véhicules du parc essence sur 10.

Ce carburant a aussi bénéficié en 2020 d'un réseau de distribution en forte croissance, avec désormais plus de 2.300 stations approvisionnées (+32% en un an), soit plus d'une sur quatre.

Total notamment a triplé son réseau en deux ans, avec 750 stations équipées et un développement qui se poursuivra en 2021, indique le groupe.

Quant au SP95-E10 (jusqu'à 10% d'éthanol), compatible avec la quasi-totalité du parc roulant, il représentait en décembre 50,6% du marché des essences (plus de 4,7 milliards de litres en 2020).