Ce vendredi 22 janvier marque le renforcement du confinement au Portugal, qui a choisi de fermer ses écoles. L'épidémie s'est développée au point d'en faire le pays le plus touché aujourd'hui, par rapport à sa population.

Le Portugal va fermer ses crèches, ses écoles et ses universités pendant 15 jours dans un nouvel effort pour maîtriser l'explosion des cas de Covid-19, a annoncé jeudi le Premier ministre Antonio Costa en s'inquiétant d'une progression du variant britannique, plus contagieux.

En outre, "le gouvernement a décidé d'interrompre totalement les vols vers et en provenance du Royaume-Uni à partir de samedi, afin de réduire le risque de contagion par le biais du nouveau variant", a-t-il déclaré après un sommet européen par visio-conférence consacré à la crise sanitaire.

"Le principe de précaution nous impose d'interrompre toutes les activités d'enseignement pendant les quinze prochains jours", à partir de vendredi, avait annoncé le chef du gouvernement socialiste quelques heures plus tôt, à l'issue d'un conseil des ministres.

Cette période d'arrêt des cours "sera compensée au cours de l'année scolaire", a-t-il précisé, écartant pour l'instant un passage à l'enseignement à distance.

Une semaine après avoir imposé un deuxième confinement général, qui ne prévoyait pas la fermeture des écoles ou des universités, M. Costa a expliqué que cela était devenu nécessaire en raison de "cette nouvelle souche et sa vitesse de transmission".

L'ÉPIDÉMIE S'EMBALLE

Le Portugal enchaîne depuis plusieurs jours les nouveaux records de décès, avec 221 morts supplémentaires annoncés jeudi par la Direction générale de la santé dans son bilan quotidien. Après avoir atteint mercredi un record de 14.647 nouveaux cas en 24 heures, ce pays d'environ 10 millions d'habitants en a encore recensé 13.544 jeudi.

Avec 74.500 nouveaux cas au cours des sept derniers jours, le Portugal occupe aujourd'hui le premier rang mondial en nombre de nouvelles contagions par rapport à sa population. Il est seulement dépassé par l'enclave britannique de Gibraltar, selon les données collectées par l'AFP auprès des autorités nationales.

Cette explosion de nouveaux cas s'explique notamment par la propagation du variant britannique, beaucoup plus contagieux que ne l'était le virus SARS-CoV-2 originellement.

"Il y a une forte croissance de ce variant", a affirmé le Premier ministre en précisant qu'il représentait actuellement 20% des infections, mais que cette proportion pourrait atteindre les 60% dès la semaine prochaine.

De l'opposition aux syndicats, en passant par de nombreux experts, de plus en plus de voix s'élevaient dans le pays pour réclamer un durcissement des mesures, à commencer par la fermeture des écoles.

Le Premier ministre a également annoncé jeudi que l'accueil du public dans les services publics se ferait uniquement sur rendez-vous ou encore le report des procès non urgents dans les tribunaux.

Face à la gravité de la situation, la conférence épiscopale portugaise a également pris l'initiative de suspendre ses "célébrations en communauté" à partir de samedi.