La campagne "se déroulera vers la fin janvier, quand nous espérons pouvoir avoir les premières doses destinées aux catégories les plus exposées".

Après l'Espagne, c'est au tour de l'Italie d'annoncer que le pays entamera fin janvier une "campagne de vaccination sans précédent" en commençant par les catégories de la population les plus exposées au Covid-19, comme l'a précisé samedi le ministre italien de la Santé Roberto Speranza.

La campagne "se déroulera vers la fin janvier, quand nous espérons pouvoir avoir les premières doses destinées aux catégories les plus exposées", a déclaré le ministre au Congrès des pharmaciens italiens. Cette "campagne de vaccination sans précédent (...) requerra une mobilisation extraordinaire de toutes les forces en présence", a-t-il estimé.

Alors que le mouvement opposé aux vaccinations compte de nombreux adeptes en Italie, le ministre a rappelé que "les vaccins ont représenté un bond en avant dans l'histoire de l'humanité".

"Aujourd'hui, nous parlons d'une possibilité concrète (...) dans peu de temps nous pourrons disposer de cet instrument et cela nous donne la mesure de la capacité de l'être humain à réagir face à un défi aussi grand", a-t-il ajouté.

Vendredi, le Comité technico-scientifique, un organisme public chargé de conseiller le gouvernement dans sa politique de lutte contre la pandémie, a rappelé que "la présence de l'Agence italienne du médicament et des agences internationales de régulation nous donne des garanties sur la sécurité des vaccins".

Cette mise au point est intervenue après qu'un virologue de renom, Andrea Crisanti, très présent dans les médias, eut déclaré : "Normalement il faut de cinq à huit ans pour produire un vaccin et donc celui de janvier, moi, je ne le ferais pas".

Selon un sondage de l'Institut Ipsos pour la chaîne de télévision La7 rendu public mardi, 16% des Italiens interrogés affirment qu'ils refuseront le vaccin qui sera disponible en 2021 et 42% attendront pour en mesurer d'abord l'efficacité. Seuls un tiers d'entre eux ont répondu qu'ils le feraient "certainement sitôt sera-t-il disponible". En outre, 58% estiment qu'il n'y en aura pas suffisamment pour tout le monde.

L'Italie, le premier pays européen à avoir été durement frappé par la première vague du coronavirus, a jusqu'ici enregistré au moins 1,34 million de cas, dont plus de 48.000 ont été mortels. La péninsule est actuellement divisée en différentes zones en fonction des risques face à la pandémie, allant du rouge au jaune en passant par l'orange. Tout le pays doit respecter un couvre-feu actif entre 22H00 et 05H00.