La Turquie a vivement réagi à une caricature de son président Recep Tayyip Erdogan paru en Une mercredi dans Charlie Hebdo, accusant l'hebdomadaire satirique français de "racisme culturel".

"Nous condamnons cet effort tout à fait méprisable de la part de cette publication pour répandre son racisme culturel et sa haine", a déclaré le principal conseiller pour la presse du président turc, Fahrettin Altun, sur Twitter.

Il a présenté cette publication comme le résultat du "programme anti-musulman du président français Macron".

La caricature, diffusée en ligne mardi soir, montre M. Erdogan, en T-shirt et sous-vêtements, en train de boire une bière et de soulever la jupe d'une femme portant le voile, dévoilant ainsi ses fesses nues.

Une polémique très vive oppose depuis des semaines le président Emmanuel Macron et son homologue turc, ce dernier étant allé jusqu'à mettre en doute "la santé mentale" du président français à propos de ses prises de position sur l'islamisme radical et la liberté d'expression.

Charlie Hebdo avait publié des caricatures du prophète Mahomet en 2006 - comme d'autres journaux européens - pour défendre la liberté de la presse après que leur publication par un quotidien danois avait provoqué la colère de nombreux musulmans. L'hebdomadaire avait été victime en 2015 d'un attentat jihadiste qui avait fait 12 morts dont des journalistes et caricaturistes du journal.

Charlie Hebdo rappelle souvent, comme dans cet édito, son attachement à la loi de 1905 qui proclame la liberté de conscience, garantit le libre exercice des cultes et pose le principe de séparation des Églises et de l’État. Une loi hélas menacée par ceux qui voudraient assouplir ce concept de "laïcité à la française": "Toucher à la loi de 1905, c’est toucher à l’Histoire de France. Toucher à la loi de 1905, c’est prendre le risque inouï de déstabiliser ce pacte entre tous les Français qui permit à tous d’être respecté, croyant ou non" écrit Charlie Hebdo.