L'Italie ou encore la France ont enregistré dimanche de nouveaux records de contaminations au coronavirus dans une Europe qui tangue face à la deuxième vague de la pandémie, contraignant à de nouveaux tours de vis, comme en Espagne avec l'instauration du couvre-feu.

Au niveau mondial, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé dimanche avoir enregistré samedi un nouveau record mondial de contaminations par le coronavirus pour la troisième journée consécutive, l'hémisphère Nord étant particulièrement touché. Selon les statistiques mondiales de l'OMS, 465.319 cas ont été confirmés samedi, contre 449.720 vendredi et 437.247 jeudi.

Face à une situation sanitaire jugée "extrême", le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé dimanche l'instauration d’un état d’urgence sanitaire jusqu'à début mai, et d'un couvre-feu dans tout le pays de 23H00 à 6H00, à l'exception des îles Canaries.

Il s'agit du deuxième état d'urgence décrété en Espagne, après celui instauré en mars pour contrer la première vague de la pandémie et qui avait duré jusqu'en juin.

Ce pays a franchi cette semaine le cap du million de cas de Covid-19 et fait face à une recrudescence en apparence incontrôlable de la pandémie. Le nombre des morts est proche des 35.000.

"Restons chez nous autant que possible (...)Plus nous restons à la maison, plus nous sommes protégés et plus les autres le sont", a lancé le Premier ministre.

Aux Etats-Unis, le chef de cabinet de Donald Trump à la Maison Blanche a estimé que les Etats-Unis n'allaient "pas contrôler la pandémie".

"Voilà ce que nous allons faire. Nous n'allons pas contrôler la pandémie, nous allons contrôler le fait qu'on puisse avoir des vaccins, des traitements et d'autres moyens d'atténuer" la maladie, a dit Mark Meadows.

"Ce n'était pas une erreur de Meadows", a dénoncé le candidat démocrate à la présidentielle, Joe Biden dans un communiqué : "C'était un constat honnête de la stratégie du président Trump depuis le début de la crise: agiter le drapeau blanc de la défaite".

- Restrictions en Italie -

Le couvre-feu a déjà été instauré dans plusieurs pays européens, dont une partie de la France, où là aussi, l'épidémie a battu un nouveau record avec 52.010 nouveaux cas en 24 heures pour un total de 34.761 morts depuis le début de l'épidémie.

En Italie, trois régions l'ont adopté ces derniers jours, celles de Rome (Latium), Milan (Lombardie) et Naples (Campanie). Au moins deux autres, le Piémont et la Sicile, leur emboiteront le pas dans la semaine.

Contrôle de police dans le cadre du couvre-feu dans les rues de Toulouse (sud-ouest de la France) le 24 octobre 2020 / © AFP

Car la pandémie ne faiblit pas dans le premier pays européen à avoir été durement touché au printemps. Avant un nouveau record de contaminations annoncé dimanche - 21.273 nouveaux cas en 24 heures, pour un total de plus de 525.000 cas et 37.000 morts - le gouvernement avait dû serrer à nouveau la vis.

Cinémas, théâtres, salles de gym et piscines vont fermer dès lundi et jusqu'au 24 novembre. Les bars et les restaurants devront cesser de servir après 18H00, et 75% des classes dans les lycées et universités se tiendront en ligne.

"L'objectif est clair : garder la courbe de contagion sous contrôle, car c'est le seul moyen de pouvoir gérer la pandémie sans être submergés", a expliqué dimanche le Premier ministre Giuseppe Conte.

Deuxième vague de coronavirus en Europe / © AFP

Des mesures néanmoins pas toujours bien acceptées. Dans la nuit de samedi à dimanche, des dizaines de manifestants d'extrême droite protestant contre le couvre-feu ont affronté des policiers dans le centre historique de Rome.

- "Cela va nous détruire" -

"Cela va nous détruire", a réagi Augusto d'Alfonsi, propriétaire d'un restaurant familial de poissons, le Torricella, à Rome. "Nous avons déjà perdu 50% de notre clientèle cette année. Sans aide gouvernementale, nous sommes finis", assure-t-il à l'AFP.

En Allemagne aussi, plusieurs centaines de policiers se sont déployés dimanche à Berlin pour mettre fin à une manifestation contre les restrictions anticoronavirus.

Une femme fait le test du Covid-19 dans une station de métro de Medellin, en Colombie, le 6 juillet 2020 / © AFP/Archives

En Belgique, les autorités bruxelloises ont décidé d'avancer à 22H00 le couvre-feu imposé dans le pays. Les magasins fermeront à 20H00 et les activités culturelles et sportives seront interdites à compter de lundi.

En Suisse, les Hôpitaux universitaires de Genève ont lancé un appel aux étudiants en médecine et au personnel médical récemment retraité pour qu'ils viennent aider à soigner les cas de Covid-19, dont ils redoutent qu'ils soient "beaucoup plus nombreux" qu'au printemps.

Plusieurs pays de l'Est, où la situation se dégrade également, ont imposé samedi de nouvelles mesures. Tout le territoire de la Pologne est passé en "zone rouge", synonyme de nombreuses restrictions.

En Bulgarie, le Premier ministre Boïko Borissov a annoncé dimanche avoir été testé positif au nouveau coronavirus, en pleine résurgence de la pandémie.

Et en Chine, où le coronavirus a été signalé officiellement pour la première fois fin décembre avant de se propager dans le monde entier, les autorités ont entamé une nouvelle campagne de dépistage massif dans le Nord-Ouest du pays où 137 cas ont été détectés. Les tests, qui ont commencé samedi soir, concernent 4,75 millions d'habitants dans et autour de la ville de Kachgar.

Au Brésil, l'ex-star du football Ronaldinho, 40 ans, ballon d'or 2005, a annoncé dimanche avoir été testé positif au Covid-19, mais a assuré être "asymptomatique".

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