Régulièrement citée par les anti-masques, où son port est limité, le cas de la Suède n'est pourtant pas meilleur que celui du Luxembourg.

Le coronavirus fait moins de ravages en Suède alors que le masque n'y est pas obligatoire. Vraiment?

Citée en exemple pour son absence de confinement et de masque obligatoire, la Suède est devenue le pays de référence des citoyens hostiles aux restrictions sanitaires. Pourtant, elle est globalement plus touchée par le virus.

Au 10 septembre, la Suède totalisait 5.846 décès pour 86.505 infections chez ses 10.327.589 habitants. Au Luxembourg, à la même date, on dénombrait 124 décès et 7.159 infections chez les 626.108 résidents.

Rapportée à la population, la mortalité est 2,8 fois supérieure en Suède, où les maisons de retraite ont connu de très nombreux décès. En revanche, le nombre d'infections serait plus important au Luxembourg: environ 118.000 cas.

QUELLES MESURES EN SUÈDE?

Bien que la population n'a pas été confinée, il a été demandé aux Suédois de respecter scrupuleusement les gestes sanitaires: lavage des mains et distanciation physique, cette dernière mesure étant considérée par les autorités suédoises comme plus efficace que le masque. Le télétravail a également été très suivi et les Suédois ont eu pour consigne de s'isoler dès que des symptômes apparaissaient.

Au cours des mois précédents, la Suède a connu une première vague beaucoup plus longue que le Luxembourg: elle a été étalée sur avril et mai, avant un important pic d'infections en juin, deux mois après le Grand-Duché. Depuis, l'épidémie marque le pas et n'a pas été relancée par la rentrée scolaire, organisée mi-août.

Le Luxembourg a lui connu une deuxième vague durant le mois de juillet, avant que les infections ne baissent et restent stables durant le mois d'août. Surtout, les capacités maximales des hôpitaux n'ont jamais été atteintes. Les nouveaux infectés sont généralement plus jeunes et en meilleure santé que ceux qui ont contracté le virus en début d'année.

C'est désormais l'automne qui pourrait marquer un tournant dans l'épidémie, de nombreux experts craignant un regain des infections dans les prochains mois.