L'Europe doit se préparer à une deuxième vague du nouveau coronavirus, a prévenu la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Andrea Ammon, au moment où de nombreux pays ont amorcé un déconfinement.

La question n'est pas de savoir s'il y aura une nouvelle vague de contaminations, mais "quand et de quelle ampleur", a affirmé Andrea Ammon dans un entretien jeudi au quotidien britannique The Guardian.

"Le virus est autour de nous, circulant beaucoup plus qu'en janvier et février", a-t-elle ajouté, soulignant que les chiffres concernant l'immunité de la population n'étaient pas encourageants: "85% à 90% restent exposés" à la maladie Covid-19.

"Je ne veux pas dresser une image catastrophique mais je pense que nous devons être réalistes. Ce n'est pas le moment, maintenant, de se relâcher complètement", a-t-elle ajouté.

L'Europe est le continent le plus touché par la pandémie, avec près de 2 millions de cas, dont 169.932 mortels, principalement au Royaume-Uni, en Italie, en France et en Espagne.

Le Centre de prévention, petite agence de l'UE basée en Suède qui joue un rôle de conseil sur le contrôle des maladies infectieuses, avait indiqué, début mai, que "la vague initiale de transmission a passé son pic", avec une baisse des nouveaux cas dans la plupart des pays de l'UE.

Alors que de nombreux pays européens ont commencé à lever les restrictions liées au déconfinement, Andrea Ammon estime toutefois qu'une seconde vague ne sera pas nécessairement désastreuse si les gens continuent de respecter les règles de distanciation.

Lassés des restrictions, surtout "maintenant que l'on voit clairement (les infections) baisser, les gens pensent que c'est fini. Mais ça ne l'est pas", a-t-elle averti.

Les gouvernements ont sous-estimé, au début de la crise, la vitesse de propagation du virus, à laquelle ont contribué les vacances de neige dans les Alpes début mars, selon elle.

L'ÉTÉ N'ARRÊTERA PAS LA PANDÉMIE

Autre nouvelle inquiétante, des chercheurs de l'université américaine Princeton estiment que le réchauffement estival ne sauvera pas à lui seul l'hémisphère nord de la pandémie de Covid-19.

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Des études statistiques, conduites ces derniers mois malgré le peu de recul sur le nouveau coronavirus, ont établi une légère corrélation entre le climat et l'épidémie: plus il fait chaud et humide, moins le virus se propagerait. Mais ces calculs restent préliminaires et on ignore fondamentalement le lien biologique entre le climat et Sars-Cov-2, le virus qui cause le Covid-19.

Les modèles publiés dans Science ne contredisent pas la corrélation, mais le considèrent négligeable pour l'instant. "Nous prévoyons que les climats plus chauds et humides ne ralentiront pas le virus dans les stades initiaux de la pandémie", explique la première autrice de l'étude, Rachel Baker, chercheuse en post-doctorat à Princeton, dans un communiqué de l'université.

"Le virus se propagera vite, quelles que soient les conditions climatiques", ajoute la chercheuse.

En l'absence de mesures de contrôle ou de vaccin, disent les auteurs de cette étude, le coronavirus va donc contaminer progressivement une plus grande partie de la population. C'est seulement après qu'il pourrait devenir saisonnier, comme ses cousins.