20.000 hectares de forêts ont brûlé ces deux dernières semaines dans la zone d'exclusion de Tchernobyl. Une modélisation de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire montre comment les vents ont poussé la fumée vers la France, épargnant toutefois le Luxembourg.

L’incendie qui s'est déclaré le 5 avril 2020 dans la zone d’exclusion autour de la centrale de Tchernobyl a provoqué un énorme nuage de fumée. À tel point que Kiev, la capitale ukrainienne était, vendredi 17 avril, au premier rang des villes les plus polluées du monde.

Et ce nuage ne s'est pas arrêté aux frontières. Il a traversé une grande partie de l'Europe, comme le montre cette vidéo de la dispersion des masses d’air entre le 4 et le 20 avril faite par l'IRSN, l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire.

Les vents ont en effet déplacé ces masses d’air contaminées par l’incendie. Et certaines se sont retrouvées pendant plusieurs jours dans le ciel de l’Hexagone. Le Luxembourg semble avoir été épargné par les fumées qui ont tout de même touchées la région Grand Est.

PLUS DE CÉSIUM 137 DANS L'AIR

Selon les estimations de l’Institut, ces masses d’air légèrement radioactives ont atteint le territoire français aux alentours du 7 avril et sont restées une semaine au-dessus du territoire français avant de s'évacuer vers l'Est.

Mais d'après la note de l'institut, les niveaux de radioactivité observés en France sont extrêmement faibles. Bien en dessous de 1 μBq/m3 en césium 137. Ils devraient, toujours selon cette note, être insignifiants et sans conséquence sur la santé.

À Kiev, les activités volumiques les plus élevées en césium 137 dans l’air ont été enregistrées pour la période du 9 au 11 avril 2020 avec une mesure à 470 micro becquerel/mètre cube (μBq/m3).

"Le phénomène ne représente pas une menace chimique ni radiologique", a toutefois assuré le service d'Etat pour les situations d'urgence. Des observateurs indépendants ont confirmé que le taux de radiation à Kiev ne dépassait pas la norme.