Les premières informations tombent peu après 08h00: deux explosions sont signalées dans le hall des départs de Brussels Airport.

Quelques minutes plus tard, l'aéroport confirme les faits, le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort, annonçant de son côté le déclenchement du plan catastrophe.

Le trafic ferroviaire de et vers l'aéroport ainsi que le trafic aérien sont interrompus alors que les services de secours s'occupent des premiers blessés. Les avions devant atterrir à Zaventem sont déroutés vers les aéroports régionaux et étrangers, en France et en Allemagne, notamment.

Sur le coup de 09h00, un premier bilan officiel de la police fédérale fait état d'un mort et de plusieurs blessés à l'aéroport. Ce bilan sera ensuite revu à la hausse, passant à 11 puis à 14 morts, selon différentes sources.

Dans le même temps, des explosions sont entendues dans la station de métro Maelbeek, en plein cœur du quartier européen. Dans la foulée, la Stib annonce la fermeture et l'évacuation de toutes ses stations de métro. L'ensemble du réseau bruxellois (métro, tram, bus) est finalement mis à l'arrêt quelques instants plus tard. Le trafic des bus reprendra partiellement dans la soirée.

Peu avant 15h00, le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, fait état "d'au moins 20 morts" à Maelbeek. Le chiffre de 106 blessés est également avancé.

Sur les routes, les tunnels bruxellois ainsi que la rue de la Loi sont eux aussi interdits à la circulation tandis que sur les rails, toutes les gares bruxelloises sont fermées dans la matinée. Le métro léger de Charleroi est lui aussi mis à l'arrêt. La plupart des tunnels seront rouverts à partir de 15h00. Quant aux trains, leur circulation reprendra normalement à Bruxelles dès 16h00, seules les gares de l'aéroport et du quartier européen (Schuman et Luxembourg) restant fermées. Les gares d'Etterbeek et de Schaerbeek ne seront pas non plus rouvertes sur ordre de police. L'aéroport, lui, reste fermé.

De nombreux bâtiments bruxellois ont par ailleurs été évacués et la Chambre ainsi que le parlement flamand et celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont suspendu leurs activités. Les musées fédéraux sont restés portes closes toute la journée, tout comme de nombreux magasins, centres commerciaux, cinémas, salles de spectacle, écoles supérieures et universités. Le personnel non essentiel de la centrale de Tihange a été évacué.

Face à ces attaques multiples et alors que des perquisitions sont en cours dans plusieurs endroits, le niveau de la menace terroriste est relevé au maximum pour l'ensemble du pays et les autorités demandent dans un premier temps à la population de ne pas se déplacer avant de lever cette consigne en milieu d'après-midi. La population est également invitée à utiliser les réseaux sociaux et les SMS plutôt que les appels téléphoniques, le réseau étant saturé.

Sur le terrain, des perquisitions sont menées à Schaerbeek où un engin explosif contenant des clous, des produits chimiques et un drapeau de l'Etat islamique sont découverts. Un avis de recherche est également lancé à propos de l'un des trois hommes filmés à l'aéroport par des caméras de surveillance et suspectés d'être les auteurs des attentats. Les deux autres individus se sont vraisemblablement fait exploser. A l'aéroport toujours, un nouvel engin explosif est découvert dans la soirée.

"Face à la menace, nous continuerons à répondre ensemble avec fermeté, avec calme et dignité. Gardons confiance en nous-mêmes. Cette confiance est notre force", réagit le roi Philippe dans un discours à la nation.

"Nous allons tout mettre en œuvre pour sauvegarder nos libertés fondamentales" et revenir rapidement à "une vie normale", déclare de son côté le Premier ministre Charles Michel à l'issue d'un conseil national de sécurité. "Des vies innocentes ont été brisées en plein vol à Zaventem et au cœur de Bruxelles, fauchées par la barbarie la plus extrême", a-t-il ajouté en estimant qu'il y aura un "avant et un après 22 mars".

Sans surprise, les témoignages de solidarité affluent des quatre coins du monde, et en particulier de France où la Tour Eiffel s'est éclairée aux couleurs de la Belgique et où un rassemblement a été organisé sur le parvis de l'Hôtel de Ville. Le président américain Barack Obama a quant à lui exprimé, depuis Cuba où il est en visite officielle, sa compassion après les attentats qui ont touché Bruxelles. "Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour soutenir la Belgique, notre amie et alliée, dans la lutte contre ceux qui sont responsables", a-t-il déclaré.

Alors que des villes comme Montréal, Paris, Rome, Berlin ou encore New York se paraient de noir-jaune-rouge, les Belges, eux, se rassemblent devant la Bourse où plusieurs centaines de personnes se sont spontanément réunies. Enfin, des registres de condoléances sont ouverts dans plusieurs villes et trois jours de deuil national est décrété.