Des remèdes miracles aux théories du complot, la désinformation autour du nouveau coronavirus abonde sur internet. RTL 5minutes a fait un tour d'horizon de ce délire viral.

FOLLES RUMEURS

De l’eau chaude ou de l’huile de sésame pour s'immuniser, la CIA, les antennes 5G ou les compteurs Linky montrés du doigt ou encore la "preuve" que le virus a été conçu par un laboratoire de Wuhan ou par l’institut Pasteur...Ce sont quelques-unes des follesrumeurs qui circulent sur la toile. Une vidéo vue des millions de fois sur les réseaux sociaux montre un homme affirmant que le nouveau coronavirus a été créé volontairement en France.

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À l'appui de ses affirmations, il renvoie vers un brevet déposé en 2004 par l'institut Pasteur. C'est faux! Le document ne détaille pas la création d'un virus, mais celle d'un projet de vaccin pour lutter contre un autre virus de la famille des coronavirus. Certaines théories affirment que le virus a été créé par les États-Unis contre la Chine, d'autres par la Chine contre les États-Unis!

Preuve de ce flot depuis le début de l'épidémie, le service de factchecking de l'AFP (AFP Factuel) a publié plus de 250 articles vérifiant de fausses affirmations les plus virales.

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Comme celle de ce wagon arborant l’inscription « Covid-19 » sous-entendant que l’épidémie actuelle est le fruit d’une conspiration, alors qu'il s'agit d'un photomontage.

Le Daily Telegraph qui a listé plusieurs mythes et théories complotistes, souligne que les sèche-mains ne tuent pas le virus et que s'asperger le corps d'alcool ou de chlore ne protège pas. Manger de l'ail n'aide pas non plus à prévenir l'infection.

Vivement critiquées, les plateformes sont poussées à agir pour casser la viralité des fausses informations et à mettre en avant des informations provenant de sources faisant autorité, telles que les sites des gouvernements ou celui de l'Organisation mondiale de la santé. (Voir notre article: comment éviter les Fake News). Mais même les plateformes numériques peinent à faire le ménage tant les crises de cet ordre facilitent la propagation de fausses infos.

ILLUMINÉS, PARANOÏAQUES OU PROFITEURS

"La majorité des acteurs à l'origine de ces fausses nouvelles se moque que vous y croyiez ou pas. Ils utilisent juste cette épidémie comme un vecteur idéal pour parvenir à leurs fins, qu'il s'agisse de générer des revenus ou de susciter la méfiance", note Carl Bergstrom, professeur à l'université de Washington et spécialiste de la désinformation en ligne.

Certains acteurs veulent vendre, et tentent de faire croire que tel produit permet de s'immuniser contre le virus. D'autres cherchent à générer des vues et des clics, sources de revenus publicitaires.

"Et puis vous avez les opérations en cours pour affaiblir les démocraties, et donner l'impression qu'on ne peut faire confiance à personne", ajoute Carl Bergstrom. "C'est la stratégie du tuyau d'arrosage (inonder avec de la propagande), fréquemment employée par la Russie, notamment".

D'autres n'hésitent pas à utiliser la pandémie à des fins idéologiques. Comme Donald Trump qui a plusieurs fois minimisé la dangerosité du coronavirus, avant d’essayer de s’en servir pour justifier sa politique protectionniste. Dans ses discours, le milliardaire républicain parle de virus chinois, ce qui n'a fait qu'alimenter la colère de Pékin.

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© Alan SANTOS / BRAZILIAN PRESIDENCY / AFP

Le président brésilien Jair Bolsonaro a longtemps nié la gravité du coronavirus. Depuis le début de la pandémie, le président d'extrême droite a pour unique ligne de conduite la dénonciation de l'"hystérie" autour du Covid-19, et multiplie les provocations.

UNE AVALANCHE DE FAKE NEWS

Le problème, c'est qu'une fois introduites, les théories du complot se répandent d'autant mieux que l'incertitude règne sur l'origine de la maladie et que le public s'inquiète et cherche des explications, de préférence sur les réseaux sociaux.

Début février, l'OMS a qualifié d'"infodémiemassive" la surabondance d'informations inexactes sur le sujet, qui complique sa tâche et celle des autorités de santé.

Les fausses informations peuvent susciter des mouvements de panique, comme une ruée vers le papiertoilette dans les supermarchés, vers les masques chirurgicaux ou vers les services d'urgence encombrés. Alors avant de relayer n'importe quoi, réfléchissez!