La directrice du Fonds monétaire international (FMI) a estimé dimanche que le nouveau coronavirus mettait "en péril" la reprise de l'économie mondiale lors d'une réunion du G20 à Ryad, qui s'est dit prêt à agir pour limiter les "risques" sur la croissance.

Le virus a fait plus de 2.400 morts en Chine, coupant les transports, perturbant les échanges commerciaux et attisant l'inquiétude des investisseurs, les entreprises étant obligées de suspendre leur activité. Il a également touché une trentaine de pays et territoires y faisant 24 morts.

"Le virus Covid-19, une urgence sanitaire mondiale, a perturbé l'activité économique en Chine et pourrait mettre en péril la reprise", a déclaré Kristalina Georgieva devant les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales des vingt premières économies dans la capitale saoudienne.

En janvier, le FMI avait prédit une croissance globale de 3,3 % pour 2020, contre 2,9% en 2019. Lors du sommet à Ryad, Mme Georgieva a affirmé que l'impact du virus sur la croissance serait d'environ 0,1 point.

"La reprise de l'économie prévue (...) est fragile", a ajouté la cheffe du FMI, citée dans un communiqué.

La croissance chinoise s'établirait à 5,6% en baisse de 0,4 point comparé aux estimations de janvier.

"J'ai informé le G20 que, même en cas d'endiguement rapide du virus, la croissance en Chine et dans le reste du monde serait touchée", a déclaré Mme Georgieva.

La cheffe du FMI a averti que l'économie mondiale était confrontée à d'autres risques, notamment l'augmentation du niveau d'endettement de certains pays ainsi que le changement climatique, mais elle a en particulier exhorté les pays du G20 à coopérer pour contenir la propagation du virus.

"Le G20 est un forum important pour aider à mettre l'économie mondiale sur une base plus solide", a insisté Mme Georgieva.

- "Renforcer la surveillance" -

"Nous continuerons d'examiner les risques et de consulter toutes les parties (...) pour surveiller ces risques et se préparer à intervenir avec les politiques nécessaires pour les limiter", a déclaré Mohammed al-Jadaan, ministre des Finances de l'Arabie saoudite, premier pays arabe à assurer la présidence du G20.

Les responsables réunis à Ryad se sont engagés à "renforcer la surveillance mondiale des risques" de la récente épidémie, selon le communiqué final du G20 publié à l'issue de la réunion.

Photo prise le 23 février à Ryad lors d'une réunion des ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G20 / © AFP

"Le risque est maintenant confirmé, l'impact sur la croissance mondiale également, et c'est désormais une véritable préoccupation de l'ensemble des membres du G20", a souligné à l'AFP le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire.

Dans ce contexte, "nous avons décidé (...) de garantir un suivi attentif et quotidien de l'épidémie et de son développement (...) assuré par la présidence du G20 et par le Fonds monétaire international", a-t-il ajouté.

Outre un plan d'action visant à protéger l'économie mondiale de l'impact de l'épidémie, les dirigeants financiers des 20 premières économies du monde ont également discuté des moyens de parvenir à un système de taxation mondial sur le numérique plus équitable et des moyens de lutter contre le changement climatique.

De ce point de vue, "c'était un G20 utile" et des progrès "importants" ont été faits, s'est félicité M. Le Maire.

Sur le sujet de la taxation des grands groupes internationaux, et notamment des géants du numérique, "il y a désormais un consensus pour reconnaître la nécessité d'avancer sur une solution globale, dans le cadre de l'OCDE" (l'Organisation pour la coopération et le développement économiques), a détaillé le ministre, affichant sa satisfaction que l'Europe ait fait "front commun" face aux Etats-Unis.