L'habitante d'un immeuble à Bonneuil-sur-Marne a osé critiquer des jeunes qui dérangeaient les résidents. En représailles, l'un deux a tué son chien.

"C'était le genre de chienne à vous lécher la main si vous vous approchiez d'elle", assure une voisine citée par le Parisien.

Le 8 janvier, une mère de famille promenait sa chienne Ginger, un malinois de 8 ans tenu en laisse, à Bonneuil-sur-Marne, à une quinzaine de kilomètres de Paris, lorsqu'un homme encagoulé est venu asséner un coup de couteau au flanc de l'animal qui s'est effondré et est mort quelques minutes plus tard.

Le mobile de l'agression semble être des représailles. Depuis trois jours, la propriétaire de Ginger devait faire face aux intimidations d'une poignée de jeunes qui squattaient le hall de son immeuble: "Par deux fois, ils m'ont dit qu'ils resteraient là et qu'il était hors de question qu'ils bougent, raconte, encore sous le choc, la maîtresse de Ginger. Mais jamais je n'aurais pensé qu'ils puissent s'en prendre à ma chienne. Elle n'a jamais été agressive avec qui que ce soit" rapporte également le Parisien. Selon d'autres sources, les jeunes ne faisaient pas que squatter: le hall de l'immeuble leur servait à dealer.

PRISON FERME

Finalement, un des jeunes a été interpellé. "Tuer le chien de quelqu'un pour se venger, c'est commettre une violence sur son maître. C'est ce qu'ont considéré les juges du tribunal correctionnel de Créteil qui ont condamné le jeune homme de 22 ans à un an de prison dont six mois ferme", a raconté à l'AFP Patrice Grillon, avocat au barreau de Paris qui défendait les associations de défense animale et la propriétaire du chien.

L'avocat s'est "félicité" de cette peine. Le prévenu a également été condamné à verser 3.000 euros de dommages et intérêts à la propriétaire, a ajouté Me Grillon qui a plaidé "le préjudice moral d'affection" de la perte d'un animal qui faisait partie de la famille depuis 8 ans. "On commence à avoir de plus en plus de peines d'emprisonnement pour les actes de cruauté envers les animaux. Ce qui prouve que les magistrats prennent conscience de leurs droits et de l'opinion publique", a commenté pour sa part Stéphane Lamart qui s'était porté partie civile avec la Société nationale de défense des animaux (Snda). A l'issue de l'audience, le jeune homme, habitant à Bonneuil, a été incarcéré.