Xavier Bettel a été complètement pris au dépourvu par une question d'un journaliste sur l'énergie nucléaire. Il s'est vite ressaisi pour y répondre.

"Monsieur Bettel, peut-on considérer que le nucléaire peut être classé dans les énergies éco-durables?" Pour sûr, Xavier Bettel ne l'avait pas vue venir cette question. Interrogé par un journaliste à son arrivée au Conseil européen ce jeudi, où l'on aborde notamment le Pacte vert d'Ursula von Der Leyen, le Premier ministre est apparu complètement abasourdi par cette question pour le moins... Inattendue.

"Pardon?" répond-il au journaliste, avant d'enchaîner: "Non, j'ai compris votre question mais je suis un peu surpris. Quand je vois les problèmes qu'on a avec les déchets, avec les incidents, quand je vois les problèmes que j'ai, car à côté de chez moi il y a des centrales qui ont été construites... Je pense que chaque pays est aujourd'hui libre de choisir son mix énergétique, mais que ce soit financé avec de l'argent du contribuable européen, non, je ne suis pas pour."

Sans surprise, le Premier ministre fait référence à la centrale nucléaire de Cattenom, distante d'une dizaine de kilomètres du Grand-Duché, et aux centrales belges. Mais aussi à la question du stockage des déchets nucléaires, dont certains resteront actifs pendant plusieurs centaines de milliers d'années.

Si le Pacte vert de la présidente de la Commission n'est encore qu'une feuille de route, il est néanmoins prévu de financer à hauteur de 1.000 milliards d'euros des actions pour atteindre la neutralité carbone en 2050. La production d'électricité avec le nucléaire a justement l'avantage de ne rejeter que peu de CO2, en comparaison du charbon ou du gaz. De là à en faire une énergie durable, et potentiellement à utiliser les fonds européens dans ce but, il y a un fossé que Xavier Bettel ne souhaite pas franchir. "On est d'accord pour faire un fonds [pour la transition écologique, ndlr], pour voir comment aider (...) mais de là à dire que c'est avec l'argent du contribuable qu'on va financer des centrales nucléaires, je ne suis pas pour."

Il s'est ensuite montré plus virulent vis-à-vis de l'urgence d'agir et de financer des énergies plus propres: "Je comprends les difficultés de chacun. Vous croyez que c'est simple pour nous? C'est difficile pour nous tous ! Ou on comprend qu'on est en train de se détruire, et on reste en mode "autodestruction", ou on tire la sonnette d'alarme et on réalise qu'on doit faire autre chose. Sinon on s'en moque, on ferme les yeux, on fait la politique de l'autruche et on dit "ce qui se passera demain, on s'en fout" mais c'est n'est pas comme ça que je veux faire de la politique."