Jean-Claude Juncker tirait mardi le bilan de ses cinq années passées à la tête de la Commission européenne. Un bilan plutôt positif, mais toujours présenté dans le plus pur style du Luxembourgeois.

Des députés debout, des applaudissements nourris et un Jean-Claude Juncker à nouveau très ému. La fin de son mandat approchant, le Président de la Commission européenne s'adressait au Parlement européen à Strasbourg ce mardi pour tirer le bilan de ses années à la tête de l'Europe.

Longuement applaudis à son arrivée au micro, le Luxembourgeois a tenu à remercier les députés: "Voilà exactement cinq ans jour pour jour que votre Parlement a accordé sa confiance à ma Commission. Et vous ne l'avez jamais démentie. Nous avons eu, il est vrai, parfois des relations difficiles mais toujours polies. Tumultueuses mais ordonnées. Et je voulais vous en remercier de tout mon coeur parce que disposer de la confiance de cet hémicycle, pouvoir s'appuyer sur la confiance des élus européens, reflétant la démocratie européenne, est pour tout un chacun qui reçoit cette confiance, un honneur qui dure."

Pour ses commissaires, c'est avec des trémolos dans la voix que le Luxembourgeois les congratule, arguant "sans eux, [il] n'aurait rien pu faire". Ayant un mot de plus pour le président du Conseil européen Donald Tusk. "Nous étions des frères jumeaux. Même des frères jumeaux peuvent parfois être en désaccord, mais nous avions l'intelligence de les cacher" a-t-il déclaré, qualifiant sa relation avec lui "d'amitié qui restera".

L'amitié, justement, est une denrée "rare" en politique, estime Jean-Claude Juncker. "Surtout au sein d'une même famille politique" lance-t-il à l'adresse des siens. Si c'est bien un au revoir poli de la part du Luxembourgeois, son discours n'est pas policé à l'extrême.

Raillé à ses débuts pour son "plan Juncker", basé sur une relance des investissements, le président de la Commission n'a pas manqué de souligner la défiance qui entourait son programme politique. "Au début, alors qu'on pensait que ce plan resterait un échec, des propos en l'air, on parlait du "plan Juncker". Maintenant que c'est un succès, on parle du fonds européen des investissements stratégiques. Ainsi va l'Histoire" a-t-il regretté, un peu amer.

Jean-Claude Juncker a finalement conclu son discours en mettant en garde contre le laisser-aller et la montée des mouvements nationalistes en Europe. "Je vais quitter mon poste, je ne suis pas particulièrement heureux mais j'ai le sentiment de m'être démené et si tout le monde en faisait de même, la situation serait meilleure. Je suis fier qu'au cours des cinq dernières années j'ai pu accorder ma contribution. (...) Prenez soin de l'Europe et combattez de toutes vos forces les nationalismes stupides et bornés. Vive l'Europe!"

Le président de la Commission, s'il a déjà entamé ses adieux à la politique européenne, n'en a pas tout à fait fini. En novembre, il prolongera d'un mois son mandat et prendra en charge les affaires courantes de l'Union en attendant la nomination complète de la Commission Von Der Leyen au 1er décembre.

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