Deux, voire trois index à digérer, des coûts de l'énergie qui plombent, et maintenant la discussion sur la réduction du temps de travail... René Winkin, directeur de la Fédération des industriels luxembourgeois (FEDIL) a réagi ce mardi au micro de RTL.

L'industrie luxembourgeoise est actuellement confrontée à un certain nombre de défis. D'abord, comme depuis un moment déjà, il y a la pénurie de main d'œuvre qualifiée et l'index, qui a certes été décalé, mais deux tranches indiciaires vont se succéder en 2023. Ensuite il y a l'impact de la hausse du salaire minimum pour les entreprises à bas salaires et les coûts élevés de l'énergie, qui sont vraiment dramatiques pour plusieurs secteurs.

PAS DE MODÈLE "TAILLE UNIQUE"

En ce qui concerne la réduction du temps de travail, René Winkin "ne croit pas" à une généralisation pour plus de 400.000 salariés. "En plus de l'évolution rapide des salaires, de l'absentéisme et de l'augmentation des coûts de l'énergie, les entreprises se demandent maintenant si personne n'aurait une meilleure idée pour en remettre une couche?"

RTL

"Les besoins des salariés sont aussi extrêmement variés" et "penser avoir le monopole de la réponse en ce domaine, serait présomptueux."

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Il serait préférable d'avoir un cadre, où "le salarié pourrait trouver des arrangements avec son employeur en fonction de ses besoins, de son âge, de sa situation familiale", selon le directeur de la FEDIL.

La question qui se pose en cette année électorale est de savoir quelle "trajectoire" le Luxembourg veut prendre: plutôt celle de la décroissance ou "le ministre (du Travail) veut-il toujours générer des recettes élevées?", interroge-t-il.

2023 SERA UNE ANNÉE DIFFICILE

En 2023, les tarifs élevés de l'énergie impacteront encore de nombreuses entreprises. Par conséquent, il faut s'attendre à ce que "2023 soit une année chère pour les entreprises", qui vont avoir du mal à faire face aux hausses de prix.

"Elles ne pourront pas déduire cela de leur marge", explique René Winkin. Elles devront dès lors augmenter les prix et sur le marché global, elles seront confrontées à la concurrence des marchés qui n'ont pas ce problème et qui peuvent maintenir leurs prix bas.

Qu'est-ce que les responsables politiques peuvent entreprendre contre cela? Nous avons vraiment besoin d"'un nouveau modèle de marché européen de l'électricité", selon le directeur de la FEDIL. En outre, nous pourrions produire de l'électricité moins coûteuse que ce que nous faisons actuellement.

Les opportunités et "les retombées économiques qui sont créées avec la transition numérique et énergétique doivent bénéficier à nos entreprises et à nos collaborateurs." L'Europe en particulier réagit enfin, parce que les Etats-Unis, par exemple, ont une politique très agressive, selon René Winkin.

Il faut également selon lui "se préoccuper de l'après 1er janvier 2024", quand les décisions actuelles issues de la tripartite arriveront à échéance. "Pour personne, il n'est souhaitable que le "grand choc" se produise à ce moment-là" pour les entreprises. Il faudrait réunir d'une manière ou d'une autre une tripartite courant 2023. Il est évident que de nombreuses entreprises auront encore besoin d'être aidées au-delà de cette année.

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