La Chambre des salariés réclame une réduction généralisée du temps de travail et vise la semaine de 36 heures. Qu'en pense Georges Engel, le ministre du Travail?

Question: La réduction du temps de travail est-elle envisageable au Luxembourg dans un court laps de temps?

Réponse: "Il est clair que dans l'accord de l'actuelle coalition, il n'est pas prévu d'écourter le temps de travail. Mais j'ai fait faire une étude par le LISER (Institut luxembourgeois de recherche en sciences sociales) qui sera publiée en mars. Ma demande au LISER est d'analyser les inconvénients et les avantages d'une réduction du temps de travail sur le terrain.

Grâce à cette étude j'aimerais bien mener une discussion basée des faits et non pas sur des ressentis ou des idées. Via cette étude, je vais lancer au Luxembourg la discussion quant aux inconvénients et aux bienfaits de la réduction du temps de travail.

On n'a pas besoin de se cacher pour discuter de ce sujet. La semaine de 40 heures n'est pas donnée par Dieu. C'est quelque chose qu'on négocie. Je crois que la semaine de 40 heures avait été négociée dans les années 1970 et je crois que le temps est venu de renégocier."

Q.: Êtes-vous favorable à une semaine de travail plus courte au Luxembourg?

R.: "Je ne suis pas contre. Mais j'aimerais bien voir les résultats de l'étude lancée."

RTL

Georges Engel, ministre du Travail: "Je suis persuadé que l'attractivité future de notre marché du travail dépend de ce que nous allons décider pour le temps de travail". / © RTL

Q.: Alors que la charge de travail est toujours plus dense, une réduction du temps travaillé ne rendrait-elle pas le Luxembourg plus attractif?

R.: "C'est effectivement une discussion sur l'attractivité du marché du travail au Luxembourg. Jusqu'à présent notre attractivité était surtout liée aux salaires. Mais les pays limitrophes augmentent leurs salaires au fur et à mesure. Par exemple le salaire minimum allemand rejoint de plus en plus le niveau de notre salaire minimum. Je suis persuadé que l'attractivité future de notre marché du travail dépend de ce que nous allons décider pour le temps de travail.

Si on veut attirer des gens au Luxembourg, rester ce pays où les gens aiment bien venir travailler, diminuer le risque de maladies -car plus d'heures de travail est synonyme de davantage de maladies-, si on veut aider notre Caisse nationale de Santé (puisque les coûts augmentent), si on veut un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle, si ont veut aider nos enfants à vivre dans un cadre plus agréable, soutenir le bénévolat ou la vie sociétale au Luxembourg, je crois que la réduction du temps de travail peut être un élément-clé."

Q.: Ce gouvernement a instauré un nouveau jour de congé supplémentaire en rendant le 9 mai férié. Mais il tombera le même jour que l'Ascension (déjà férié) l'an prochain...

R.: "En 2024, le 9 mai, le Jour de l'Europe tombera le même jour que l'Ascension. Ce qui signifiera qu'il y aura deux jours fériés le même jour! Ce qui n'a jamais encore le cas au Luxembourg. Et il y a une lacune au niveau de la législation. Si un jour férié tombe sur un dimanche, le jour férié peut être repris comme un jour de congé. Mais s'il tombe sur un autre jour férié ce n'est pas clair dans la législation. Je vais donc légiférer pour pouvoir prendre un jour de congé en compensation à la volonté du salarié."

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