Le centre pénitentiaire de Sanem a été inauguré mercredi en présence du Grand-Duc. Une prison qui doit permettre de séparer les prévenus et les condamnés dans le système carcéral luxembourgeois.

Inauguration en grande pompe de la troisième prison du pays ce mercredi à Sanem. Le Grand-Duc, la ministre de la Justice, le ministre de la Sécurité intérieure et le ministre des Travaux publics se trouvaient parmi les quelques 240 invités à la cérémonie.

Le directeur du centre pénitentiaire baptisé “Ueschterhaff” (CPU) a présenté le complexe qui pourra accueillir jusqu’à 400 détenus. Une bonne nouvelle pour la prison de Schrassig qui verra sa population carcérale diminuer grâce aux transferts prévus dès la semaine prochaine.

À noter que la prison de Sanem n’accueillera que des hommes placés en détention préventive. Car c’est là tout l’intérêt de cette structure: séparer les personnes condamnées de celles dont l’instruction judiciaire n’est pas encore arrivée à son terme.

Une des raisons d’être du CPU est d’éviter un nouvel épisode de surpopulation carcérale comme celui qu’avait connu le pays en 2007. Il doit également permettre d'offrir un meilleur traitement aux détenus qui pourront jouir de plus de liberté à Sanem.

En effet, ils auront accès à des infrastructures sportives en intérieur et en extérieur, ils pourront suivre des formations et voir leurs proches dans un cadre plus ou moins privé via les salles de visite et des unités familiales prévues à cet effet.

"Il faut penser la prison autrement, comme une école destinée à les préparer à leur avenir", a déclaré la ministre de la Justice. Sam Tanson a rappelé que les personnes qui intègreront la prison de Sanem devront être traitées selon le principe de la présomption d'innocence.

Elle a d'ailleurs été la seule à soulever la problématique sous-jacente à l'ouverture d'une nouvelle prison. "Peut-on vraiment se réjouir de l'ouverture d'une nouvelle prison? Comme le disait Victor Hugo, celui qui ouvre une école fermera bientôt une prison", a-t-elle déclaré lors de son discours inaugural.

Elle a cependant loué ce que pourra apporter le centre pénitentiaire au système carcéral luxembourgeois. "La situation n'est pas idéale dans nos prisons et le droit à l'espace privé vaut également pour les détenus", a-t-elle souligné en faisant référence aux cellules occupées par plus d'une personne.

Pour sa part, le ministre des Travaux Publics, François Bausch s'est réjoui de l'ouverture du centre pénitentiaire d'Ueschterhaff. "Ça n'a pas été facile, le projet était compliqué mais on y est arrivé", a-t-il lâché. Une satisfaction personnelle du ministre est d'avoir réussi à respecter le budget prévu lors du vote de la loi au mois de juillet 2014.

Un budget pharaonique de 171.500.000 euros qui a permis de construire une prison "moderne" et "humaine" qui doit garantir "un traitement pénologique adéquat aux détenus en vue de la préparation de leur insertion sociale". Les premiers détenus arriveront lundi prochain. Les transferts se poursuivront jusqu'au mois de mars 2023.