Selon le promoteur luxembourgeois, la durée interminable des procédures conduirait à la hausse des prix des logements.

Flavio Becca a fait cette proposition jeudi en présentant son exposition au Ban de Gasperich dans le cadre de la Semaine du Logement. L'homme d'affaires a déclaré n'avoir aucun problème avec le fait que le gouvernement augmente l'impôt foncier et introduise une taxe sur la spéculation ou la mobilisation. Il préfèrerait en effet construire sur ses terrains plutôt que d'y rester les bras croisés. En revanche, il faudrait en contrepartie introduire une taxe que les administrations devraient elles-mêmes payer quand elles laissent trop longtemps dormir les dossiers, selon Flavio Becca.

Selon le promoteur, la durée interminable des procédures conduirait à une hausse des prix des logements. Il ne "s'en mettrait pas plein les poches." Comme un autre promoteur, Marc Giorgetti, l'avait déjà expliqué sur RTL, Flavio Becca indique que si un promoteur réalise une marge de 20% sur un projet, il faut la répartir sur 20 ans. Il aurait parfois possédé un terrain depuis 30 ans avant que quelque-chose y soit construit.

Jeudi, devant la presse, le promoteur s'est aussi voulu social. D'une part, il serait prêt à intégrer plus de logements à prix abordable dans des projets, mais à condition que les autorités l'autorisent à construire plus haut. C'est souvent le contraire qui arrive. A titre d'exemple, il a cité le refus de la ville de Luxembourg de construire plus haut, avec l'argument que cela serait préjudiciable à la "silhouette" de la capitale. D'autre part, il aurait, au contraire d'autres maîtres d'ouvrage, refusé d'indexer les factures, c'est-à-dire de les ajuster à l'inflation. Selon Flavio Becca, l'inflation serait souvent provoquée "artificiellement". Après la chute des prix de l'acier, les entreprises sidérurgiques auraient délibérément réduit leur production afin de faire remonter les prix.

Le promoteur, qui est surtout connu pour la construction du nouveau quartier au Ban de Gasperich, a aussi réitéré sa proposition d'organiser une tripartite pour le secteur du bâtiment, où gouvernement, communes et promoteurs privés chercheraient des solutions. Ou même une quadripartite, car d'après lui, les banques devraient y participer. Flavio Becca a encore critiqué le ministre du Logement, Henri Kox, parce qu'il exclurait délibérément le secteur privé.

TRAM, ERIC LUX ET AUTRES AFFAIRES JUDICIAIRES

Flavio Becca a encore abordé le problème du tram à Howald, où, sur un tronçon du parcours prévu, une seule voie pourrait actuellement être construite. Et cela parce qu'une partie du terrain appartient au fonds Olos, fondé par les deux ex-partenaires commerciaux, Flavio Becca et Eric Lux, qui sont aujourd'hui en conflit. En raison de cette brouille, le fonds est à présent géré par des administrateurs indépendants. Les administrateurs provisoires et le ministère des Travaux publics seraient cependant sur la bonne voie pour trouver un accord, selon Flavio Becca. Le blocage serait dû à des problèmes techniques.

Flavio Becca n'a pas souhaité parler du conflit avec Eric Lux, car les juges seraient "suffisamment grands" pour savoir ce qu'ils doivent faire. Les deux ex-partenaires commerciaux se disputent des centaines de millions d'euros qui se trouvent dans le fonds Olos.

Quant à l'autre affaire judiciaire dans laquelle il est impliqué, celle dite des "montres de luxe", Flavio Becca a confirmé son pourvoi en cassation.