C'est la question qui a mobilisé mercredi le tribunal, au 6e jour du procès de l'ex-policier luxembourgeois qui avait abattu un automobiliste en avril 2018 à Bonnevoie.

À quel moment précis l'accusé a-t-il tiré sur la voiture et quelles sont les consignes de l'École de police dans ce type de situation ? Ce sont les points que la juge a essayé d'approfondir mercredi au 6e jour du procès.

Un ingénieur avait indiqué dans son rapport que le conducteur de la Mercedes, qui présentait une alcoolémie de 1,8 gramme, aurait seulement évité "de justesse" la voiture de police. Une question que la suite du procès devait encore tenter d'éclaircir est de savoir à quel moment le policier a tiré.

Comme le Wort et  Le Quotidien l'avaient rapporté mardi, l'expert en balistique l'a démontré exactement. Le premier coup mortel aurait été tiré à une distance maximale de 3,7 mètres. Un expert avait précédemment calculé que le policier aurait dû déjà s'être tourné d'une trentaine de degrés à ce moment-là.

Un fait qui prouverait que la voiture avait déjà dévié quand le policier a tiré. Sa vie n'aurait donc plus été immédiatement menacée. L'avocat de l'accusé a souligné que la voiture n'avait dévié que 0,7 seconde avant l'impact. Au moment où son client avait pris la décision de tirer, la voiture aurait encore foncé droit sur lui.

Des experts en maniement des armes de la police affirment que tirer sur une voiture serait inutile. Que vous soyez en danger de mort ou pas, vous ne pourriez pas l'arrêter comme cela. Et pourtant, l'Ecole de police n'enseignerait pas aux futurs policiers comment réagir dans la pratique dans une telle situation.

"Mais un policier ne doit quand même pas se laisser renverser", a ajouté un instructeur de l'Ecole de police. Cela dépendrait toujours de la situation. Et il faudrait ensuite trouver un juste milieu. Il ne serait pas bon non plus d'avoir un policier qui ne ferait rien.

De manière générale, lorsqu'il s'agissait de déterminer dans quelle mesure l'intervention était justifiée dans son ensemble, la conclusion était que la proportionnalité devait toujours être respectée. Qu'en avait-il été dans ce cas-ci? Personne n'a pu répondre à cette question mercredi.

A lire également:
- Conducteur abattu à Bonnevoie: Où se trouvait l'accusé au moment des faits?
- Conducteur abattu à Bonnevoie: Le policier auteur du coup de feu "jouait sans cesse avec son arme"

Conducteur abattu à Bonnevoie: Le policier poursuivi invoque la légitime défense
Il avait tenté de fuir un contrôle de police: Conducteur abattu à Bonnevoie: le corps sera autopsié aujourd'hui
Homicide volontaire: La police met les moyens pour reconstituer le drame de Bonnevoie
Bonnevoie: Trois ans après avoir tiré sur un automobiliste, un policier attend son procès