L'ouverture de la maternité au Centre hospitalier du Nord fin mai a rassuré un certain nombre de personnes et a calmé les esprits, au moins pour un moment. Mais une pétition demande davantage de services de santé.

La pétition 2301, qui a franchi le seuil des 4.500 signatures et qui a fait l'objet d'un débat public à la Chambre mercredi, ne se satisfait pas de ce statu quo. Le pétitionnaire, Steve Schmitz, réclame une maternité et un service d'urgences pédiatriques dans le nord du pays fonctionnant 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

En cas d'urgence, le trajet du nord à la capitale serait trop long, regrette le pétitionnaire. Quand il s'agit de la santé de son enfant, les minutes semblent des heures. Steve Schmitz parle d'expérience.

"J'ai fait moi-même le trajet, parce que parfois, jusqu'à ce que l'ambulance arrive chez nous dans l'Oesling, il peut s'en passer des choses. Mon petit avait avalé quelque chose qu'il n'aurait pas dû et il respirait très difficilement. Je suis allé à Ettelbruck à l'hôpital et là, j'ai été renvoyé au CHL. J'étais vraiment fâché et en colère."

La volonté politique serait bien présente, affirme la ministre de la Santé, mais il y a une pénurie de personnel.

La fermeture de la maternité du Centre hospitalier du Nord à Ettelbrück pendant deux mois au printemps a d'ailleurs inquiété les habitants de la région. Et la ministre ne se satisfait pas du renforcement du Samu néonatal ou de la téléconsultation dans les cas d'urgence. "Je ne suis pas favorable aux options vidéoconférence ou Samu néonatal. Le trajet et le temps qu'il faut ici, sont, à mon avis, trop longs et il y a un risque de séquelles pour l'enfant ou la mère."

Mais il serait actuellement difficile de toucher aux infrastructures et aux conventions, a réagi la ministre de la Santé.

"Si vous avez une ligne de garde, qui fonctionne avec quatre personnes, qui doit être occupée en continu, quelque chose peut très vite mal tourner. L'un a un accident de voiture, l'autre meurt subitement. Nous avons alors un problème et nous ne fonctionnons plus qu'à 50% de nos capacités. Le problème des ressources est très grave au Luxembourg" reconnaît Paulette Lenert.

Le pétitionnaire demande que le système libéral, un service de médecins volontaires aux urgences, soit reconsidéré, et que, comme au CHL, des médecins soient embauchés à la maternité ou au service pédiatrique à Ettelbruck.

La ministre acquiesce: "La médecine salariale est certainement un avantage dans différents services. Personnellement, je suis d'avis que nous en avons besoin, particulièrement pour couvrir les urgences et assurer la continuité là où elle doit l'être. En revanche, je suis opposée à la généralisation d'une telle mesure."

Mais le manque de pédiatres, entre autres, empêcherait une telle initiative. De nouveaux tarifs pour les médecins hospitaliers ne feraient que maintenir les capacités actuelles.

Les députés ont demandé à la ministre de présenter dans deux mois à la Commission de la Santé un plan pour lutter contre la pénurie de professionnels de santé.

Le reportage de nos collègues de RTL en luxembourgeois: