Si le CSV et l'ADR approuvent les mesures, déi Lénk et les Piraten auraient souhaité des mesures plus sélectives. Sans surprise, les partis de la majorité, soutiennent l'accord.

Un paquet de mesures contre l'inflation et en faveur du pouvoir d'achat: c'est ainsi que le gouvernement a décrit l'accord de principe auquel sont parvenus les participants à la Tripartite après 30 heures de négociations et qui coûtera plus d'un milliard d'euros.

PRINCIPALES ANNONCES

Le prix du gaz sera plafonné à +15% maximum par rapport au prix actuel et le prix de l'électricité sera gelé. Le prix du gasoil de chauffage va baisser de 15 centimes au litre. Tout cela à partir du 1er octobre.

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A partir du 1er janvier, la TVA va baisser de 1%. Le gouvernement va aussi prolonger jusqu'à fin 2023 l'allocation de vie chère et la prime énergie. En outre, une hausse du salaire minimum a été annoncée. Les mesures annoncées ont été analysées et évaluées par les différents partis politiques.

LE CSV POUR AJUSTER LE BARÈME FISCAL

Le CSV, premier parti d'opposition, salue les mesures. Le CSV a plaidé depuis longtemps pour un plafonnement des prix de l'énergie, affirme le coprésident du groupe parlementaire, Gilles Roth. Le système de l'index ne serait pas remis en question, ce point est également soutenu par le CSV.

Mais il y a aussi une critique. Gilles Roth aurait souhaité un ajustement du barème fiscal à l'inflation: "Ce n'est pas une discussion philosophique, mais il y va très concrètement du pouvoir d'achat de la population. Ici, les particuliers jusqu'à la classe moyenne reçoivent des tranches indiciaires, pour lesquelles ils retournent à l'Etat la moitié de ce qu'ils obtiennent brut. Ce n'est pas l'approche correcte. Nous l'avons signalé à maintes reprises au gouvernement. Si de nouveaux index tombent, nous aurons 17,5% de charge fiscale supplémentaire. C'est énorme."

Et le gouvernement n'a pas réussi à adapter cela, regrette le député CSV.

DÉI LÉNK ET LES PIRATEN

Déi Lénk et les Piraten regrettent surtout que le plafonnement des prix de l'énergie s'applique à tous, par conséquent les ménages à hauts revenus en profiteront le plus.

Le député des Piraten Sven Clement explique que "le gouvernement a ouvert grand son porte-feuille pour ne pas être rattrapé par des troubles sociaux. En ce sens, c'était une action sensée. Surtout parce qu'il n'a pas autorisé de discussions sur la sélectivité sociale et qu'il a passé un coup d'arrosoir sur tout le pays, de sorte que vraiment personne ne pourra affirmer qu'il aurait été lésé."

Pour la députée de déi Lénk Myriam Cecchetti, il aurait fallu aider où c'est nécessaire: "Nous aurions préféré que ce soit sélectif. On aurait alors examiné précisément, où sont ceux qui en ont vraiment besoin. Cela aurait été plafonné jusqu'à un certain montant. Au delà de cela, plus vous consommez, plus vous devez payer. Cela aurait aussi été dans le sens de la crise climatique une mesure de protection. Les gros revenus produisent le plus de CO2. Ils consomment plus d'énergie."

LA RÉACTION DU LSAP

Le Mouvement Ecologique a aussi critiqué le fait que sans sélectivité sociale, il n'y aurait plus d'incitation à économiser l'énergie pour les classes de revenus supérieures. La crise climatique aurait été oubliée dans ce paquet de mesures.

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Francine Closener, députée LSAP, défend l'accord: "Mais cela ne signifie pas que nous ne devons pas peut-être apporter des améliorations. Cela ne signifie pas qu'il ne faut pas économiser l'énergie. Je pense que l'époque de l'énergie fossile bon marché est passée. Nous avons maintenant cet accord. Mais nous devons aussi entreprendre quelque-chose contre une crise énergétique, qui n'est pas totalement levée. Et une crise climatique qui ne l'est absolument pas. Nous devons maîtriser cela."

LES VERTS POUR AIDER TOUT LE MONDE

Les Gréng demandent aussi qu'on continue de promouvoir les économies d'énergie. Le parti considère toutefois le paquet nécessaire, pour soulager rapidement et de manière pragmatique ménages et entreprises.

Ils peuvent comprendre jusqu'à un certain point la critique de la Gauche, explique la présidente du parti, Djuna Bernard: "C'est cependant quelque-chose qui concerne directement l'ensemble de la population et aussi les entreprises. Il s'agit d'une situation pour laquelle aucun d'entre eux ne peut rien. C'est une réaction à une guerre. Il faut aider tout le monde. Nous pouvons amener une sélectivité sur d'autres mesures. Je pense à l'augmentation de l'allocation de vie chère et la prime énergie." Il s'agit de mesures ciblées, qui profiteraient seulement aux ménages éligibles.

LA RÉACTION DU DP

À la différence des syndicats et du gouvernement, les employeurs considèrent le paquet de mesure avec plus de scepticisme, même si, en principe, ils soutiennent l'accord.

Le président du groupe parlementaire DP, Gilles Baum, tente de rassurer les entreprises: "Cette fois encore, les entreprises ne seront pas laissées au bord de la route. Nous avons besoin d'entreprises fortes pour faire tourner l'économie. Avec le pouvoir d'achat de la population, nous veillons à ce que les entreprises puissent travailler. La sauvegarde de l'emploi est extrêmement importante. Le taux de chômage est historiquement bas, cela doit rester ainsi."

L'ADR ET LES RECETTES DU TOURISME À LA POMPE

L'ADR salue le succès provisoire de la Tripartite, surtout le plafonnement des prix de l'énergie. Mais il manque à l'ADR une réduction des prix des carburants. Essence et diesel devraient toujours être moins chers ici que dans les pays voisins, pense Fred Keup: "Ce n'est pas le cas en ce moment. En France, c'est beaucoup moins cher. Ce n'est pas bon pour la population au Luxembourg. Et ce n'est pas bon pour le tourisme à la pompe. Les résidents des pays limitrophes ne viennent plus faire le plein ici. Mais on ne peut pas gagner d'argent plus facilement. Ce sont des centaines de millions que nous risquons de perdre, pour financer des mesures sociales."

CSV et ADR partagent la revendication que la dette publique ne dépasse pas les 30 % du produit intérieur brut.