Quelque 1,7 million m3 de diesel, soit 54% de tous les produits pétroliers, et 439.000 m3 d'essence ont été vendus l'année dernière au Luxembourg.

Dans le cas du diesel, 70 à 80% retournent directement à l'étranger via le tourisme à la pompe.

"La situation du Luxembourg est particulière. Nous n'avons pas de raffineries. Nous n'avons pas de grande industrie du pétrole. C'est pourquoi la totalité des produits pétroliers au Luxembourg sont importés et c'est pourquoi il est très important que nous soyons diversifiés au niveau des moyens d'importation et des pays desquels nous importons", explique Georges Lanners, responsable des produits pétroliers au ministère de l'Énergie.

Pour le moment, 50% de tous les produits pétroliers viennent de Belgique. L'autre moitié provient de France, d'Allemagne et des Pays-Bas. En ce qui concerne les moyens d'approvisionnement, c'est le camion qui domine avec environ 45%. Viennent ensuite les trains et les navires. Les 24% qui sont acheminés par oléoduc, fournissent le Findel en kérosène.

Un mot-clé important en ce moment sont les réserves dites stratégiques qui permettront de se débrouiller en cas de crise d'approvisionnement. C'est ici que les obligations européennes entrent en jeu.

Georges Lanners: "Ce sont en principe 90 jours. Le Luxembourg dispose de 93 jours de réserves. Parmi ceux-ci, 45 jours sont stockés au sein de la Grande Région: 8 jours ici au Luxembourg et 37 dans les régions environnantes."

En ce qui concerne l'évolution des prix sur les 12 derniers mois, les chauffeurs qui roulent au diesel vont devoir puiser un peu plus dans leurs économies. Le prix du diesel a augmenté de 48% contre environ 27% pour le Super 98 et 19% pour le Super 95 octane.

Il n'y a plus de remise carburant depuis jeudi dernier. En ce qui concerne les produits pétroliers de manière générale, le gouvernement ne compte pas baisser la TVA.

Les énergies fossiles vont être de plus en plus délaissées dans les années à venir.

Le gouvernement a fixé le cap. Les chauffages au fioul ne seront plus autorisés dans les nouveaux bâtiments à compter du 1er janvier de l'année prochaine. D'après le ministre de l'Énergie Claude Turmes, "on peut effectuer une transition vers les pompes à chaleur. Il est également vrai que même si les prix de l'électricité sont plus élevés, une pompe à chaleur est toujours plus avantageuse financièrement qu'un chauffage au fioul ou qu'un chauffage au gaz. Et ce qu'on doit également faire, c'est remplacer les voitures à combustion fossile par des voitures électriques".

Tandis que le fioul et le gaz sont bannis des nouveaux bâtiments, le ministre estime que le remplacement des énergies fossiles dans le contexte de la mobilité prendra dix à vingt ans et ce, pas seulement d'un point de vue financier.

Selon le ministre, "il faut que la consommation en fioul, en gaz, en essence et en diesel baisse car c'est la seule réponse valable pour répondre au changement climatique".