Est-il judicieux de créer une loi qui empêche les étrangers de pays tiers d'acheter des logements au Luxembourg afin de spéculer?

Dans une question parlementaire au ministre déi Gréng de la Justice Sam Tanson, le député DP André Bauler a voulu savoir si la question avait déjà été analysée. Il s'agit plus précisément de l'application d'une loi qui existe déjà en Suisse et qu'on appelle de manière informelle Lex Koller. Celle-ci empêche les investisseurs de pays tiers comme la Chine ou la Russie, qui ne vivent pas en Suisse, d'acheter un logement, ce qui a comme conséquence que les prix du marché deviennent encore plus élevés. Des lois similaires existent dans de nombreuses grandes villes comme Londres ou Vancouver. La réponse de la ministre de la Justice à la question du député a été courte et concise. En quatre lignes elle explique clairement qu'aucune étude n'a été menée à ce sujet.

Jean-Paul Scheuren, le président de la Chambre Immobilière explique que le problème a déjà été analysé au Luxembourg. L'ancien ministre des Finances du DP Pierre Gramegna avait présenté des chiffres à ce sujet et il avait été retenu que très peu d'étrangers de pays tiers avaient effectivement acheté une maison dans ce pays. "La question d'une Lex Koller c'est un peu comme le Loch Ness", elle réapparaît sans cesse.

Le politicien LSAP Max Leners, qui a lancé une discussion sur une Lex Koller il y a des années, est d'avis que tous les logements devraient compter, quel que soit leur nombre. D'après Max Leners: "Chaque appartement en est un de trop. Avec les prix actuels il est dommage que des appartements soient vides ou qu'ils ne soient utilisés qu'à des buts purement lucratifs, alors qu'ils pourraient accueillir des personnes à des prix abordables".

Selon Jean-Paul Scheuren, le problème d'appartements vides est provoqué par les résidents. La véritable solution pour lutter contre la pénurie de logements résiderait dans la construction de logements locatifs abordables. Il explique qu'on n'a pas assez travaillé dans ce sens au Luxembourg. On aurait créé un monopole pour l'État, mais il n'en connaît pas la raison, précise-t-il. 
 
Max Leners souligne qu'avec une Lex Koller on créerait également d'autres offres et qu'on voit bien quels sont souvent les projets menés au Luxembourg. "Il y a tous ces penthouses au dernier étage qui sont vendus pour 1,9 et 2,5 millions d'euros. On se demande pour qui ils sont construits. Si on avait une Lex Koller, on construirait peut-être différemment", explique Max Leners.

Ils sont tous deux intéressés par l'idée de mener une étude réelle afin de savoir avec plus de certitude ce dont il est question. Max Leners regrette qu'aucune politique ne soit faite en août au Luxembourg. RTL a également demandé au ministre du Logement vert Henri Kox ce qu'il pensait d'une Lex Koller. Ce à quoi nous n'avons pas eu de réponse, mais uniquement une référence à la réponse de la ministre de la Justice: Il n'a pas été analysé si une Lex Koller pouvait être mise en oeuvre au Grand-Duché.

Quant à savoir s'il existe des chiffres sur le nombre d'investisseurs d'États tiers qui ont acheté un logement au Grand-Duché, il n'y a pas non plus eu de réponse (au 12/08 à 12 heures) du ministère du Logement.