Visavi a répondu à nos questions sur ce sujet. Nous avons également récolté plus de détails sur la spirale et le cycle de la violence.

Dans une relation violente, la violence s'immisce progressivement. Lorsqu'elle ne s'arrête pas à la violence psychologique, elle peut aussi s'accompagner d'une violence physique. Celle-ci peut cependant se manifester de plusieurs manières: à l'encontre d'objets mais également envers sa compagne ou son compagnon. Monique Lucas, responsable de Visavi nous explique:

"Ça commence doucement par la violence psychologique, souvent difficile à cerner, et puis elle devient de plus en plus tangible, de pire en pire, elle augmente. La violence physique arrive, peut-être d'abord de la violence envers des objets, ce qui peut aussi induire de la peur, quand on jette ou casse des choses. Puis, la personne violente s'en prend à des gens, à son/sa partenaire, en commençant peut-être par une bousculade, un coup, une réprimande et puis aussi une forme très grave de violence qui est néanmoins courante: l'agresseur peut avoir recours à des armes pour blesser sa victime, allant parfois jusqu'à l'homicide."

L'agresseur instaure la violence lentement, pour que la victime ne s'enfuit pas immédiatement. La confiance en soi qui diminue, la dépendance dans laquelle on a été entraîné par la manipulation: on finit piégé et on ne sait plus comment faire pour s'en sortir. La victime met souvent plus de temps que ses proches à se rendre compte que quelque chose cloche. En effet, elle aura tendance à interpréter les dires de son agresseur comme des compliments et étant déjà prise entre ses griffes, elle manquera de la distance nécessaire pour réaliser la situation dans laquelle elle se trouve.

"J'ai besoin de toi, quand on entend ça, c'est agréable, savoir que quelqu'un a besoin de nous, lorsque le partenaire manipulateur exprime cela, c'est également une manière pour lui d'obtenir ce qu'il veut à ce niveau. On veut être indispensable, ce sentiment agréable d'être important pour quelqu'un et on finit par glisser à l'intérieur et on peut très longtemps se cacher les aspects négatifs de la violence, puisqu'on arrive à en tirer quelque chose de positif."

Lorsque la personne prend enfin conscience qu'elle se trouve dans une relation aussi violente, le soutien extérieur est extrêmement important. Il est essentiel que la famille ou les amis la croient, même si l'agresseur affiche extérieurement une image très positive de lui-même.

"Il est important de se faire aider, de trouver des gens avec qui parler et qui vous croient, car souvent la perception de la victime est brouillée par la violence psychologique qu'elle a subie, elle pense que c'est de sa faute, il est quand même tellement gentil, ça ne peut pas être vrai. C'est pourquoi il faut vraiment que la victime soit crue et soutenue. Si vous ne vous sentez pas bien, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Je veux dire, ce sont des messages très importants, il ne faut pas dire à la victime qu'elle est peut-être un peu sensible, ce sont des choses qui ne vont pas la soutenir."

Vous pouvez également demander l'aide d'un professionnel comme par exemple à Monique Lucas de Visavi de Femmes en détresse.

"Un point de départ est le service Visavi où vous pouvez parler, que ce soit à la permanence téléphonique ou en prenant rendez-vous pour discuter avec un consultant de ce qui ne va pas dans votre relation, de ce que vous pouvez faire pour vous sentir mieux, voir de quoi vous avez besoin pour vous en sortir et quelles sont les différentes étapes, qu'est-ce qui va se passer maintenant quand vous partirez, et vous y recevrez un soutien et un accompagnement à différents niveaux."

La personne affectée a besoin d'aide et ce, même après la séparation, ne serait-ce que pour assimiler ce qui lui est arrivé et renforcer sa confiance en elle.

Dans un autre reportage, nous aborderons également la violence envers les hommes. Sur www.violence.lu se trouve une liste d'adresses pour les femmes, les hommes et les enfants victimes de violence.