Mercredi matin le président de l'Association des Médecins et Médecins Dentistes était l'invité de la rédaction de RTL.

Avec le projet de loi sur le virage ambulatoire, l'accent est à nouveau mis sur l'hôpital et sur l'État au lieu de davantage décentraliser. Les besoins réels des patients ne sont ainsi pas vraiment pris en considération, ce qu'illustrent déjà les longues listes d'attente pour obtenir un rendez-vous auprès d'un spécialiste. C'est ce qu'a expliqué mercredi matin Alain Schmit, le président de l'AMMD qui était l'invité de la rédaction. L'Association des Médecins et Médecins Dentistes souhaite davantage de structures décentralisées, comme par exemple le centre IRM à Potaschberg. Cette initiative doit néanmoins clairement revenir aux médecins, parce que ce sont eux qui savent le mieux ce qui est bon pour leur patient et ils doivent retrouver cette liberté, exige le président de l'AMMD. En ce qui concerne les gardes, Alain Schmit explique que l'AMMD a beaucoup réfléchi sur la question et elle pense justement qu'avec des structures plus décentralisées et des prises en charge ambulatoires, le problème devrait être plus simple à maîtriser.

Le médecin qualifie le "Gesondheetsdësch" d'"emballage trompeur". En effet, selon lui l'État ne s'est pas montré ouvert à certaines propositions et à certaines idées. Le "Gesondheetsdësch" est une table-ronde qui promeut la coopération et l'échange entre les différents partenaires du domaine de santé qui œuvre à rendre le système de santé plus adapté pour répondre aux défis actuels et également à le rendre plus attractif. Le médecin ajoute que même des projets complètement élaborés comme celui sur la numérisation ont été présentés au "Gesondheetsdësch", mais le gouvernement n'y a pas agi comme modérateur mais avait un parti pris, ce qui a rendu toute discussion honnête entre les acteurs impossible. Ainsi, le projet de loi désormais déposé ne représente en rien ce que les médecins ont thématisé sur plusieurs années.

Le docteur ajoute que dans un petit pays comme le Luxembourg où les ressources comme les médecins et le personnel manquent, ils voudraient tout de même proposer une médecine de pointe. Or, on se dirigerait actuellement vers une situation comme en Angleterre avec le NHS (National Health Service) où les patients doivent attendre jusqu'à cinq ans pour un rendez-vous chez un spécialiste, comme c'est par exemple le cas pour une prothèse de hanche.

Alain Schmit parle d'une approche économique planifiée du gouvernement, qui ne serait pas du tout dans l'intérêt du patient. L'AMMD voudrait donc une approche qui partirait du médecin généraliste et aussi une mise en réseau des soins médicaux avec les médecins spécialistes.