La tranche indiciaire suscite de nombreuses discussions et réactions. La grande question qui demeure est: que va-t-il se passer maintenant?

L'inflation annuelle se situait en juillet à 6,8% et le Statec prévoit 6,6% pour cette année. L'année prochaine elle devrait être de 5,3%, donc nettement plus élevée que les 2,8% prévus en mai par le Statec.

La forte inflation actuelle est surtout due à la hausse des prix du carburant, conséquence directe de l'augmentation de la demande après le covid et la guerre en Ukraine qui dure plus longtemps que ce que l'on pensait en début d'année.

Le paiement de la dernière tranche a été reporté au mois d'avril.

Le gouvernement attend de nouveaux chiffres en septembre. Ensuite il devrait y avoir une autre tripartite, parce qu'une nouvelle tranche indiciaire tombera théoriquement à l'automne et une autre quelques mois plus tard.

À l'approche de la prochaine tripartite, la demande de la protection des consommateurs concerne l'arrêt de la perte de pouvoir d'achat.

Si une nouvelle tranche indiciaire tombe comme prévu, elle devrait également être versée en avril 2023. 25% des ménages vivent en dessous ou proches du seuil de pauvreté. La classe moyenne rencontre beaucoup de problèmes pour joindre les deux bouts.

LES RÉACTIONS DES SYNDICATS

Selon Patrick Dury, le président du syndicat, pour le LCGB il y a deux priorités:

"La prochaine tripartite doit de nouveau avoir deux priorités: Sécuriser le pouvoir d'achat et l'emploi, les deux étant complémentaires. Nous ne voulons pas que la guerre déclenche une crise sociale, qu'en dehors de l'inflation, les moyens de subsistance soient également menacés parce que les gens perdent leur emploi."

Pour la présidente de l'OGBL Nora Back, 2023 ne sera pas une année facile:

"Nous n'aurons pas une année tranquille. Nous serons dans une année électorale et nous faisons face à une crise de l'énergie et des prix. Pour les personnes qui travaillent en entreprise, les choses ne se facilitent pas. Aussi parce que les syndicats et les entreprises ont d'autres idées concernant les solutions. Cependant, il semblerait que les syndicats soient d'accord et que les réunions se poursuivent."

LES RÉACTIONS POLITIQUES

L'Opposition à la Chambre confirme que l'accord tripartite ne suffit pas et que le gouvernement a commis des erreurs. Une tripartite pour la rentrée est saluée par tous.

Les partis de l'opposition exigent qu'elle soit méticuleusement préparée et le parti majoritaire déi Gréng tout comme les socialistes, s'engagent à trouver des solutions rapides et créatives et à compenser la perte de pouvoir d'achat de la population.

Le plus grand parti d'opposition, le CSV, affirme que cela a été mal géré. D'après Gilles Roth:

"Nous le disons de manière très claire, l'index ne peut pas être reculé indéfiniment. L'index est un compensateur de la perte de pouvoir d'achat. Le fait que quand tout allait bien, les gens ne touchaient pas d'allégements fiscaux, était une erreur. À présent viennent les discussions sur le décalage de l'index et l'augmentation des impôts. Nous exigeons que les citoyens reçoivent une aide fiscale et que leur perte de pouvoir d'achat soit compensée."

Selon Josée Lorschée de déi Gréng:

a va être la grande question de la tripartite. Les entreprises et les salariés rencontrent des difficultés. Il s'agit donc de trouver un accord qui soutienne particulièrement les plus vulnérables, que les tranches indiciaires soient compensées comme aujourd'hui et que les inégalités sociales cessent d'augmenter."

D'après Fernand Kartheiser de l'ADR, tout cela est complexe:

"On ne peut pas se concentrer uniquement sur le paiement de l'index. L'ADR est pour qu'on retourne dans l'automatisme du mécanisme de l'index et cela aussi pour éviter un engorgement des tranches indiciaires. Mais il faut également préparer les entreprises pour qu'elles puissent supporter le choc".

Dans tous les cas, selon Sven Clement des Pirates, il faut absolument agir:

"Près de la moitié des ménages rencontrent des difficultés à joindre les deux bouts. La politique ne doit pas se pencher sur ce sujet, elle doit y réagir".

Déi Lénk demandent dans leur communiqué à ce que les tranches indiciaires soient de nouveau payées dans leur totalité.

Le gouvernement aurait mal calculé avec sa manipulation de l'index. Au printemps elle pensait que l'inflation se normaliserait sans avoir de plan alternatif au cas-où. Maintenant, le Statec voit venir deux autres tranches indiciaires.

LES RÉACTIONS DU PATRONAT

Pour l'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), Jean-Paul Olinger explique qu'un effort collectif est nécessaire:

"Nous sommes tous dans le même bateau. Les indicateurs économiques sont à la baisse. À l'échelle mondiale, les intérêts, l'inflation, les cours d'échange, tous pointent vers le bas. Même au niveau politique, la situation en Chine, la perte du pouvoir d'achat, aussi pour les entreprises. À côté de cela, les entreprises doivent mettre des réserves de côté. Pour la transition énergétique et la digitalisation, là se posent beaucoup de questions. Des solutions créatives sont nécessaires. C'est pourquoi nous avons le dialogue social et il va fonctionner".