De vieux t-shirts transformés en tapis, des éponges confectionnées à partir de chaussettes, des collections de vêtements uniques créées avec d’anciennes pièces, l’upcycling offre une seconde vie à vos anciens objets. Rencontre avec Miia, Sofia et Yasmin, trois jeunes qui ont décidé de s’engager à leur échelle pour un monde plus durable.

"J'AI ENVIE DE FAIRE MA PART"

Des bijoux, des tapis, des sacs, des tawashis ou encore des dessous de plats réalisés à partir de liège… Sofia laisse libre cours à sa créativité. Pour créer des tawashis, ces éponges en tissu, elle coupe des bandes de chaussettes qu’elle relie ensuite entre elles. Il en va de même pour les nombreux tapis qu’elle a réalisés: elle découpe de vieux tissus et crée ensuite des pièces uniques au crochet. Et tout le matériel qu’elle utilise est entièrement récupéré!

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Création de tawashis. / © Sofia Oliveira Dos Santos

D’emblée, Sofia confie avoir toujours été sensible à la question environnementale: "J’ai conscience de ce qui se passe dans le monde et j’ai envie de faire ma part, je pense que si on pense tous comme ça, on peut changer le monde". La jeune femme de 30 ans travaille à la Mesa, la maison de la transition à Esch-sur-Alzette et dans son temps libre, elle se consacre à l’upcycling.

Il en va de même pour Yasmin, chargée de projets zéro déchets et coordinatrice à la Mesa. Depuis plusieurs années déjà, la jeune femme de 31 ans s’engage pour un monde plus durable. D’abord active au sein du mouvement zéro déchet, Yasmin y a ensuite découvert l’upcycling. "Je me sens à ma place quand j’essaye de me rendre utile, je suis contente et satisfaite de savoir que je fais ma part en fait.", nous confie-t-elle.

Comme nous l'explique Yasmin, l'upcycling est une manière de donner une plus-value à d'anciens objets en les réutilisant pour fabriquer de nouvelles créations.

À la Mesa, Yasmin anime des ateliers en autonomie où elle initie ses membres au zéro déchet et à l’upcycling. Des porte-monnaie à partir de briques de lait, des déodorants faits de A à Z, ou encore des poufs à partir de pneus de voitures… Ces ateliers vous permettront de réaliser plusieurs types d’objets en toute autonomie. Une boîte vous y est fournie dans laquelle se trouvent les instructions et le matériel nécessaire. Comme l’explique Yasmin "On a tous des compétences et parfois on a juste besoin d’un petit coup de pouce".

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© Sofia Oliveira Dos Santos

Par ailleurs, les locaux de la Mesa sont entièrement meublés et décorés à partir d’objets récupérés: "À la Mesa, on essaye de ne jamais acheter, on récupère tout.", explique Yasmin. La majeure partie des ressources qu’utilisent Yasmin et Sofia proviennent de leurs membres. Elles ont en effet instauré une liste où elles inscrivent ce dont elles ont besoin et si certaines personnes ont des objets qui y correspondent et dont ils ne se servent plus, ils leur offrent. "Notre philosophie à la Mesa c’est de dire que les déchets sont une ressource en fait."

Si vous aussi vous souhaitez vous lancer dans l’upcycling, des ateliers sont proposés à la Mesa.

DES CRÉATIONS UNIQUES

Créer une marque de vêtements entièrement upcyclés, c’est également possible. Miia a créé Wokalm il y a deux ans. Après l’obtention de son bac, la jeune femme de 20 ans a décidé de prendre une année sabbatique afin de voyager. Mais à cause de la pandémie, ses plans sont tombés à l’eau. "J’ai été forcée de me dire, qu’est-ce que je veux faire maintenant, qu’est-ce que je vais faire?" . Passionnée d’art et de vêtements depuis toujours, Miia se lance alors et crée sa première collection de vêtements.

Si au début elle commandait des vêtements en ligne afin de les customiser, elle s’est vite rendu compte que rien ne valait la qualité des vêtements chinés en friperie. Outre l’aspect écologique et durable, ce qui lui a plu c’est le côté exclusif de ses créations: "toutes mes pièces sont uniques, chacune d’entre elle est différente".

Sur des vêtements de seconde-main, Miia dessine avec de la peinture à tissu, elle coud des motifs à partir de morceaux d’anciens vêtements et laisse ainsi libre cours à son art et à son imagination. Depuis la création de sa marque, Miia a sorti quatre collections de vêtements.

À la rentrée, la jeune artiste va démarrer ses études à Amsterdam où elle compte se consacrer davantage à sa marque. À terme, elle souhaite ouvrir son propre magasin avec un concept bien particulier: "j’aimerais que ce soit comme un café où je vendrais également mes créations, parce que j’adore cuisiner et j’adore la nourriture, donc combiner les deux, c’est mon rêve."

Trois jeunes donc pleines de rêves et d’initiatives qui veulent faire leur part face aux défis de demain.