On pourrait bientôt trouver du carburant à 1,5 euro le litre en France. Une bonne nouvelle pour les automobilistes français mais pas pour les pompistes luxembourgeois.

Ce n'est un secret pour personne: les stations-service luxembourgeoises ont longtemps profité du transit des travailleurs frontaliers. Mais depuis quelques mois, la situation s'est compliquée. La crise énergétique a fini par avoir raison des prix avantageux des carburants au Luxembourg.

En effet, actuellement un litre de diesel coûte 1,788 euro au Luxembourg. Pour un litre de SP95 il faut dépenser 1,731 euro et pour le SP98, 1,959 euro. Des prix qui ne se démarquent plus forcément de ceux affichés de l'autre côté de la frontière française.

Et avec la remise de 30 centimes validée mercredi par l'Assemblée nationale, la situation pourrait tourner en faveur des pompistes mosellans. Et c'est sans compter la ristourne annoncée par Total Energies dans ses stations jusqu'à la fin de l'année. Une aide dégressive qui verra tout de même le prix des carburants baisser initialement de 20 centimes.

De son côté, le Luxembourg a confirmé la prolongation de l'aide sur le carburant (-7,5 centimes/litre) mais cela ne suffira probablement pas à maintenir les prix luxembourgeois en dessous des prix français. En effet, avec les deux aides cumulées, on pourrait bientôt trouver du carburant à 1,5 euro dans certaines stations-service françaises. Une estimation émise par le ministre français de l'économie lui-même.

Le Groupement pétrolier luxembourgeois (GPL) a d'ailleurs fait savoir dans la presse qu'il craignait "une forte baisse des ventes à la frontière française". Une situation qui pourrait s'apparenter à ce qui avait été observé à la frontière allemande suite à la mise en place de la ristourne de 30 centimes sur le prix de l'essence.

La bonne nouvelle, c'est que ces aides ne tomberont qu'au mois de septembre. Le gouvernement luxembourgeois a donc le temps de voir venir. Cependant, rien ne dit qu'il interviendra puisque l'augmentation des prix du carburant est devenu une volonté politique au Luxembourg.

L'objectif: faire baisser les émissions de CO2 du pays. Cependant, si la hausse des prix des carburants peut contribuer à cet objectif, la question du déplacement de ces émissions à la frontière a régulièrement été soulevée au Grand-Duché ces derniers mois. "Faire le plein à Arlon plutôt qu'à Steinfort n'aide pas le climat", avait notamment déclaré un député ADR.