Au Kirchberg, les habitants de résidences neuves sont confrontés à de multiples malfaçons et défauts. Ils se disent "déçus" de la réaction de la SNHBM, qui a commercialisé les logements.

Des logements neufs, lumineux, entourés de verdure et idéalement situés au Kirchberg. Sur le papier, ces nouvelles habitations de la SNHBM situées en bordure du boulevard Adenauer ont tout pour plaire.

Mais depuis plusieurs mois, quelques-uns de ses résidents se plaignent de défauts persistants.

Sur place, RTL 5minutes a pu constater que de la moisissure se formait sur les murs comme sur les affaires entreposées des habitants dans les caves pourtant prévues à cet effet.

Éloïse*, une propriétaire élue présidente du conseil syndical, nous explique être concernée par ce problème. En février, elle a constaté l'apparition de taches noires sur les murs. Le joint de son congélateur a également noirci et un dépôt s'est formé sur ses affaires.

Elle en a bien déplacé quelques-unes, mais d'autres sont restées stockées là. Un ami qui travaille dans le secteur du bâtiment a mesuré (de manière très informelle) une humidité trop élevée.

Au sous-sol, un expert est bien passé le 8 juin, mais au 20 juillet, les propriétaires attendaient toujours son rapport. "Sur place, l'expert me disait que le sol et les murs étaient secs." Pendant ce temps, les biens se dégradaient lentement mais sûrement sous l'effet des champignons. "On ressent beaucoup de colère, de ras-le-bol. On est déçus de leur comportement. On ne sait pas pourquoi ça ne bouge pas."

Courant juillet, la SNHBM a heureusement fait installer des appareils portables pour déshumidifier l'air du sous-sol. Une solution qui a valeur de rustine, surtout que le réservoir des appareils se remplit vite.

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Au sous-sol, la moisissure a envahi les caves de nombreux résidents. / © Thomas Toussaint / RTL

Chez elle, Éloïse a un autre problème: plusieurs de ses fenêtres sont rayées. Pour ne pas les ignorer, elle a collé des post-it sur toutes celles abîmées.

Plus haut, Nathan* est confronté au même problème: son appartement compte de très nombreuses fenêtres dont la plupart sont rayées"Elles ont été installées comme ça. Je n'y ai pas touché et j'ai même évité de les nettoyer, pour ne pas être accusé de les avoir rayées moi-même." 

Sans compter que certaines ont tendance à siffler bruyamment, pour peu qu'il y ait du vent. "J'ai déjà dormi deux nuits dans ma salle de bains pour être enfin au calme" tempête-t-il. Il nous montre encore la vidéo tournée par un voisin, dont la fenêtre siffle également très fort quand il y a du vent.

L'autre problème de son logement est plus difficilement mesurable: il y règne une chaleur et une humidité assez désagréable. Sur place, nous avons pu constater nous-mêmes, début juillet, l'air "étouffant" et "lourd" qui règne dans cet appartement. Une situation inconfortable, même en étant assis.

Nathan juge que l'air est mal recyclé. Il nous explique ainsi avoir régulièrement des maux de tête chez lui. Des experts sont passés, deux tests d'infiltration d'air ont été réalisés, mais rien d'anormal n'a été relevé.

À l'inverse, c'est le froid qui l'a saisi durant l'hiver. "Même mes invités se plaignaient de la température" confirme-t-il. Là encore, un expert n'a pu conclure à aucune anomalie.

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Le mur de la chambre d'Olivia a pris une vilaine couleur après un écoulement d'eau l'hiver dernier. / © Thomas Toussaint / RTL

Olivia*, également résidente, a elle été victime d'une infiltration d'eau... dans sa chambre. Des traces d'écoulement sont visibles chez elle depuis l'hiver. La peinture est écaillée, mais depuis "rien n'est fait". "Pourquoi est-ce que ça prend autant de temps? On ne peut pas vivre comme ça, ce n'est pas sain" raconte-t-elle, en détresse face à ce dégât des eaux. Le constructeur a été informé et essaye de déterminer si le problème est dû à son action. Si la fuite ne coule plus, Olivia craint qu'elle ne reprenne une fois le mauvais temps revenu.

Enfin, le symbole de ces malfaçons se dévoile... sur les portes d'entrée des appartements. Tous les judas sont placés à environ 1,70m du sol. À moins d'être vraiment grand, ils sont tout bonnement inutilisables !

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© Thomas Toussaint / RTL

UN COURRIER POUR EXPRIMER LEUR "FRUSTRATION"

Le 9 juin, plusieurs copropriétaires lassés de leurs contacts individuels et infructueux ont décidé de mobiliser leur conseil syndical. Ensemble, ils ont adressé un courrier à la SNHBM, également syndicat de copropriété, pour signaler ces problèmes qui persistent.

"Hélas, nous ne disposons pas toujours d'informations assez précises quant à ce qui est entrepris pour s'occuper des réserves que nous avons pu soulever et encore moins d'un éventuel calendrier quant à l'échéance à laquelle les problèmes constatés seront résolus" écrivent-ils. Une situation qui génère "angoisse, frustration, inconvénients et sentiment de manque d'égard chez plusieurs résidents".

C'est d'autant plus le cas que Nathan et Éloïse ont affirmé plusieurs fois à RTL 5minutes qu'on les avait découragés de signaler leurs réserves lors de la remise de leurs clés, il y a de cela plusieurs mois. La rédaction n'a toutefois pas interrogé la SNHBM sur ce point.

QUE DIT LA SNHBM?

Le 12 juillet, la SNHBM et un des prestataires leur ont répondu. Ils confirment immédiatement que les fenêtres installées sont conformes et même plus étanches que ce que la loi exige. Le prestataire se dédouane en affirmant qu'il s'agit "de griffes intérieures qui sont intervenues postérieurement à nos travaux et qui ne peuvent donc nous être imputées". La SNHBM doit encore se prononcer.

Plusieurs réglages ont été effectués pour améliorer la ventilation des espaces communs, que les résidents jugeaient mauvaise.

En revanche, le vendredi 29 juillet, Nathan confirmait encore que son problème d'air "moite" n'avait pas été résolu. Tout en précisant que des mesures ont bien été relevées, sans toutefois pouvoir déterminer l'origine de son ressenti. "Ce point est en cours" écrivait la SNHBM dans son courrier. La température des logements est en revanche jugée "conforme" au certificat de performance énergétique prévu.

"UNE RÉFECTION DANS LES MEILLEURS DÉLAIS"

Contactée par RTL 5minutes, la SNHBM confirme avoir reçu des signalements "dès l'emménagement des premiers clients". Leurs doléances ont été "enregistrées" et la SNHBM confirme "essayer de procéder à la réfection dans les meilleurs délais". En tant que promoteur, elle explique être tenue "aux garanties biennales et décennales".

En revanche, elle rappelle n'avoir pas construit elle-même les résidences, mais avoir "procédé à des soumissions suivant les règles du marché public". Ce sont donc les entreprises qui ont décroché ces marchés qui ont réalisé les travaux. "La SNHBM a donc transmis les réclamations des clients aux entreprises concernées en leur demandant de les résoudre aussi vite que possible" indique-t-elle. "Toutefois, nous sommes dépendants des autres entreprises pour les résoudre."

Ces dernières seraient bien inspirées d'agir au plus vite. Car ces mésaventures ont entamé le moral des résidents. Installés dans des logements neufs, ils sont aujourd'hui lassés et fatigués par ces mois d'attente. "Je ne serais pas étonnée que certains veuillent partir" confie Éloïse.

* Les prénoms des résidents ont été modifiés.