Grâce à une pétition particulièrement populaire, la thématique de la semaine de travail de 35 heures va faire l'objet d'un débat à la Chambre au Luxembourg. Un débat qui a déjà commencé dans les rues de la capitale...

La France a instauré la semaine de 35 heures en 2000. De nombreux pays européens ont testé la réduction du temps de travail de différentes façons et avec plus ou moins de succès. Certaines entreprises luxembourgeoises ont déjà instauré une flexibilité pour leurs salariés. Et en ce moment même, dans le pourtant très libéral Royaume-Uni, on teste la semaine de quatre jours.

Alors cette pétition n°2345, qui a atteint le seuil suffisant pour provoquer un débat à la Chambre des députés au Luxembourg, est à prendre au sérieux.

Nous sommes allés à la rencontre des résidents dans les rues de Luxembourg-ville pour prendre la température. "D'abord, ça crée des emplois, nous a confié ce travailleur indépendant. Et puis ça permet aux salariés d'avoir plus de temps libre à consacrer à leurs familles."

Cette passante est plus sceptique: "Je crois que pour les petites entreprises, ça pose un grand problème. Il y a des difficultés à trouver du personnel."

"ON A UNE TROP LONGUE TRADITION AVEC LA SEMAINE DE 40 HEURES" 

Un habitant de Cologne, de passage au Grand-Duché, s'enthousiasme: "35 heures, j'encourage. Sincèrement, quelqu'un qui est sérieux, motivé, pourquoi lui imposer 40 heures ? Là, on commence à tricher. Il y a le temps pour la famille aussi et ça, c'est important."

Une jeune étudiante en économie ne s'en fait pas pour la santé du Grand-Duché: "Je pense que c'est faisable parce que c'est un pays où l'économie va assez bien, où on est assez productif au travail. Donc je pense que c'est faisable."

L'enthousiasme était donc quasi général. Pourtant, de la belle idée à la réalisation, le chemin est long: "Je crois que ça ne sera pas possible, conclut notre travailleur indépendant, parce qu'on a une trop longue tradition avec la semaine de 40 heures. Et c'est tellement ancré dans les esprits, tant des employeurs que des salariés, qu'à mon avis, ça ne va pas passer."