Compte tenu de l'inflation, un nouvel index devait être déclenché ce vendredi 1er juillet. Après de longues discussions en tripartite, il a finalement été repoussé par le gouvernement. Jusqu'à quand?

Un nouveau point de l'accord de tripartite entre en vigueur ce 1er juillet. Comme promis par le gouvernement, le patronat et une partie des syndicats, les travailleurs et retraités ne toucheront pas l'index qui leur était dû. Malgré une hausse des prix suffisamment forte pour le déclencher, ce qu'a confirmé le Statec ce matin, cet index manquant n'est pas supprimé mais repoussé de plusieurs mois.

Selon la loi votée pour faire appliquer l'accord de tripartite, le prochain index aura lieu le 1er avril 2023. Soit un an après le précédent. Malgré la forte hausse des prix à la consommation, le gouvernement tenait à donner "de la prévisibilité" aux entreprises et ne pas les laisser appliquer un 3e index en moins d'un an.

En contrepartie, le gouvernement a développé un crédit d'impôt énergie. Celui-ci doit protéger le pouvoir d'achat des résidents et des frontaliers. Il va même "surcompenser" le report de l'index et protéger le pouvoir d'achat des travailleurs et pensionnés au Luxembourg. Selon les dernières estimations du Statec, ce crédit d'impôt énergie profitera surtout aux ménages ayant de faibles revenus.

De plus, le Statec vient d'annoncer ce matin qu'une majoration de 2.5% des allocations familiales entre en vigueur ce 1er juillet.

UN CRÉDIT D'IMPÔT... ET UNE NOUVELLE TRIPARTITE

En cas de forte inflation durant les mois à venir, donc d'un ou plusieurs index supplémentaires, le gouvernement s'est engagé à réunir une nouvelle tripartite. Une rencontre sociale indispensable pour "discuter des modalités du décalage de ladite tranche indiciaire et de la compensation de la perte du pouvoir d’achat à prévoir le cas échéant".

Une chose est sûre, le gouvernement veut espacer les index. Après celui du 1er avril 2023, il faudra au moins attendre jusqu'au 1er avril 2024 pour en appliquer un autre. Voire plus longtemps si d'autres tranches indiciaires tombent entre temps.

Les prochaines discussions avec les partenaires sociaux promettent d'être particulièrement animées. Bien que le gouvernement a reçu le soutien de l'UEL et des syndicats CGFP et LCGB lors de la tripartite de mars, l'OGBL, premier syndicat du pays, a refusé de signer l'accord. Depuis plusieurs mois, il a axé son action contre "la manipulation de l'index". À un an des élections législatives, et alors que la baisse du pouvoir d'achat est dans toutes les têtes, le sujet est explosif.

"Qu'on trafique l'index, c'est dégueulasse!" - Votre réaction à la crise des prix au Luxembourg